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Edito

Dimanche 10 mars 2024

AU PAYS DES CLAIRVOYANTS L’AVEUGLE EST ROI !
 

La sagesse populaire, commune à plusieurs cultures à travers le monde, nous fait dire souvent qu’ « au royaume des aveugles, les borgnes sont rois ». Dans le récit de la guérison d’un aveugle-né (Jn9, 1-41), tout semble contredire le proverbe et nous  incite plutôt à clamer haut et fort : Au pays des clairvoyants, l’aveugle est roi. 

En effet, en face de Jésus qui se présente comme « la lumière du monde » (Jn9, 5), se dessinent deux mouvements opposés : un aveugle qui passe  des ténèbres à la lumière ; et les Juifs qui prétendent voir, mais qui s’enfoncent de plus en plus dans les ténèbres. D’un côté, il y a un chemin de foi ; et de l’autre, un endurcissement de cœur, signe d’une cécité spirituelle en face du mystère de Jésus. Il est évident que « lumière » et « cécité », ici, ont une valeur symbolique. Il ne s’agit pas seulement de la cécité physique et de la lumière du soleil, mais aussi et surtout de lumière et cécité spirituelles. 

L’aveugle découvre progressivement qui est Jésus. Dans un premier temps, il dit que c’est « l’homme qu’on appelle Jésus » (Jn9, 11). Ensuite, il affirme que « c’est un prophète » (Jn9, 17), puis « un  homme venant de Dieu » (cf. Jn9, 33). Enfin, à la question de Jésus : « Crois-tu au Fils de l’homme ? », il répond avec une confession de foi complète : « Je crois, Seigneur » et il se prosterne devant lui (cf. Jn9, 35-38). Les Juifs, au contraire, font un cheminement inverse : ils s’enfoncent dans une attitude de plus en plus rigide dans leur opposition à Jésus, accusant l’aveugle guéri de blasphème, tout en l’accablant d’insultes. Ce qui fait la cécité des Juifs, c’est la certitude et la prétention qu’ils ont de savoir : ils croient n’avoir besoin d’aucune lumière.

En définitive, si les clairvoyants (que nous prétendons souvent être) désirent vraiment le salut, ils ont intérêt à suivre l’exemple de l’aveugle-né qui nous conduit vers la lumière qu’est le Christ. Dans le cheminement de l’aveugle-né se lit en filigrane l’histoire de tout chrétien qui vient au monde spirituellement aveugle et, par le baptême, se laisse illuminer par le Christ. Puisse le Seigneur, dans l’Eucharistie de ce jour, ouvrir davantage nos yeux aux merveilles de son amour pour contempler sans fin sa splendeur.

Augustino MENSAH

Dimanche 3 mars 2024

ACTION DE GRACE ET INTERPELLATION
 

Le week-end dernier, plus exactement samedi 24 février dans l'après-midi et dimanche 25 février dans l'après-midi, à la cathédrale Saint-Maclou de Pontoise, notre évêque a appelé au baptême plus de 300 jeunes et de 200 adultes. C’est la première fois, depuis l'existence de notre diocèse (plus d'une cinquantaine d'années), qu’autant de personnes vont être baptisées dans les paroisses du Val d’Oise. Parmi eux, 10 adultes et 17 jeunes, ainsi que 15 enfants seront baptisés pendant le temps Pascal sur notre groupement paroissial.

C'est une grâce pour une communauté d'avoir parmi ses membre autant de personnes qui effectuent à l’adolescence ou à l’âge adulte cette démarche. De plus en plus viennent frapper à la porte de l’Eglise.

C'est une grâce mais c'est aussi une question pour notre démarche de Carême où il nous est proposé de réfléchir sur notre propre baptême. Rappelons-nous cette interpellation de Saint Jean-Paul II lorsqu'il est venu en France : « France, fille aînée de l'Eglise, qu'as-tu fait de ton baptême ? ». Et nous, qu'avons-nous fait de notre propre baptême ? Comment vivons-nous notre propre baptême ? Comment sommes-nous, dans notre communauté et dans le monde, des disciples missionnaires ?

Nous avons la responsabilité vis-à-vis d’eux, de nous laisser interpeler par toutes leurs demandes, par toutes leurs démarches, par toute leur fougue. Et de comprendre aussi comment, par cet accueil, par cet accompagnement, nous pouvons les aider à vivre pleinement leur baptême. Cela se traduit en quelque sorte par la sainteté à laquelle nous sommes tous appelés : laisser le Seigneur entrer pleinement dans notre vie. Alors oui, c'est une action de grâce mais aussi une responsabilité. Je terminerai par les phrases de Jésus ressuscité qui, à la fin de l'évangile de Saint Matthieu dit à ses disciples : « Allez, de toutes les nations faites des disciples. Baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde ».

Père Pierre

Dimanche 11 février 2024

Me voici ! C’est la réponse d’Abraham à l’appel de Dieu dans la première lecture de ce dimanche ! L’APPEL ! C’était justement le thème proposé à notre méditation, cette première semaine de carême, nous mettant ainsi dans les pas des catéchumènes qui se préparent au baptême dans la nuit de Pâques. En ce deuxième dimanche de carême, il nous est proposé de nous interroger sur notre manière d’ECOUTER. L’Ecoute de la Parole, illustrée avec force dans le récit de la Transfiguration du Seigneur en ce dimanche, mais aussi l’écoute de celui qui est à mes côtés, qui m’interpelle. Lui signifier alors : « Tu es important pour moi, je suis heureux que tu sois là ! ».

Ecouter, c’est commencer par se taire, se laisser transformer par l’autre, marcher à son pas, pour lui, avec lui et se faire proche dans une pleine attention. C’est la même chose avec le Seigneur. Il s’agit de l’écouter et de découvrir son message dans sa Parole. Il nous rejoint sur nos chemins de vie comme il rejoignit les disciples d’Emmaüs. « Commençant par Moïse et tous  les prophètes, Il leur expliqua dans les écritures ce qui le concernait. » (Lc 24,27). Ecouter Jésus, c’est nous laisser enseigner par sa Parole ! Comment résonne-t-elle en nous ? En cela, l’Evangile de ce jour est invitant ! « Du ciel, une voix se fit entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » (Mc 9,7). Une invitation qui interpelle les trois disciples, seuls témoins de la Transfiguration du Seigneur et qui, soit dit en passant, seront aussi les seuls témoins de son agonie au jardin de Gethsémani. Cette vision fulgurante de Jésus en gloire est accentuée par la double apparition de Moïse et d’Elie personnifiant ici réunis, la Loi reçue, annoncée puis accomplie en Jésus. Tiens donc, comme sur le chemin d’Emmaüs où, partant de Moïse et des prophètes, Il leur expliqua … » 

Avec Jésus, la loi s’accomplit dans l’amour du prochain. Ecouter Jésus, le Fils bien aimé, implique un engagement, une participation de tout notre être, une action qui indique que l’on a bien entendu le message. « Ma mère et mes frères ce sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique » (Lc 8,21)  Alors, pour suivre le Christ, mettons-nous en sa présence dans l’ECOUTE attentive et régulière de sa PAROLE; Pour mieux L’imiter, regardons-Le vivre au milieu de la foule qui le cherche pour être enseignée, consolée, guérie, aimée ! 

Mais écouter et suivre le Christ, c’est aussi être capable de redescendre de la montagne comme  Pierre, Jacques et Jean et retrouver le quotidien de nos vies souvent ballotée dans le gros temps de  nos peurs, de nos découragements. Dans ces moments de doutes, écoutons alors saint Paul nous dire dans sa lettre aux Romains : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il est à la droite de Dieu et Il intercède pour nous. (Rm 8, 31.34). Alors, confortés et nourris de la Parole de Dieu, nous pourrons chanter comme le psalmiste : « Je marcherai en présence du Seigneur, sur la terre des vivants » (Ps 114,9).

Bon carême à tous, à l’écoute de la Parole de Dieu …et du prochain.

Jérôme,  diacre.

Dimanche 17 février 2024

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Nous voici à nouveau, comme à chaque entrée en Carême, poussés au désert par l'Esprit !

Par définition le désert est un espace où l'on ne peut demeurer mais qu'il faut traverser ; un temps de transition. Il n'est pas possible de s'y arrêter, d'y déposer nos valises, nos routines, d'y rester recroquevillé sur nos résiliences, nos appréhensions. Nous y sommes en quelques sortes poussés au dehors de nous-mêmes par un besoin vital de passer à autre chose.

Dans le désert il n'y a personne non plus pour nous distraire de nous-même, pour penser à notre place : pas de prétexte pour s'oublier, pour faire « comme si ».

C'est là que le Seigneur nous donne rendez-vous : pour que nous scrutions le sens de notre vie en vérité, et que lui aussi scrute notre cœur. L'appel au désert, c'est une démarche de vérité, c'est une marche de foi. Ce chemin passe par une sortie de nous-même : pour aller vers nous-même, vers l'autre, vers Dieu. L'épreuve du désert nous permet de nous mettre à la suite de Jésus qui, en nous, avance vers sa Pâques.

Un feuillet "Pense Carême 2024" nous est adressé depuis dimanche dernier ; un autre feuillet "Chemin vers Pâques 2024" depuis ce mercredi des Cendres. Différentes propositions nous sont faites, de semaine en semaine, pour vivre ensemble un chemin spirituel de Carême : à la messe ; à la veillée de louange et de miséricorde du 16 mars ; avec des vidéos, des propositions d'enseignement, de témoignages, de partage, en union avec nos frères arméniens du Haut-Karabagh via l'Œuvre d'Orient, en union avec nos frères en difficulté sur notre propre territoire via l'épicerie sociale, entre paroissiens via les fraternités paroissiales de Carême, en union avec ceux qui se préparent cette année à leur baptême via un cheminement dans notre groupement intitulé "revivre notre baptême et accompagner les catéchumènes dans leur démarche".

Toutes ces propositions nous redisent qu'au-delà de nos propres enjeux personnels nous pouvons dans notre traversée du désert compter sur la communauté, sur nos frères, pour jalonner et stimuler notre marche. A l'image des premiers disciples qui “partagent entre tous”, “en fonction des besoins de chacun” (Actes 2,45), mettons aussi en commun notre Espérance, en joyeuse et attentive union avec tous ceux qui se préparent à vivre ou qui vivent un sacrement, en particulier avec nos sœurs qui ont vécu dimanche dernier le sacrement des malades, et avec tous nos frères et sœurs catéchumènes et confirmands.

Belle entrée en Carême !

Arnaud, diacre.

Dimanche 11 février 2024


Dans l’évangile de ce dimanche Jésus s’attaque aux préjugés et à l’exclusion : «Saisi de compassion, Jesus étendit la main, le toucha et lui dit: « Je le veux, sois purifié ». 

L’évangéliste Marc ne veut pas simplement rappeler un miracle de guérison, mais bien nous dire QUI est Jésus. Il brisait les barrières des lois humaines et sociales, qui défendaient d’avoir un contact avec les lépreux, il avait pitié des intouchables chassés hors de la ville et rejetés de tous. En agissant ainsi, Jésus devient lui-même un «intouchable» : «Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement entrer dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.» 

Cet évangile nous interpelle et invite à répondre à la question : Qui sont les lépreux du XXIe siècle?

- Ceux qui vivent dans les bidonvilles à travers le monde  
- Les sans travail et les sans-abri 
- Les ex-prisonniers qui ne peuvent reprendre leur place dans la société
- Les gens sous l’emprise de la drogue
- Les gens qu’on enferme dans des prisons secrètes et des prisons d’État, où la torture est à l’ordre du jour 
- Les personnes âgées qui attendent la mort dans l’isolement et l’abandon. 

Il y a tellement de lépreux et d’exclus dans notre société moderne. Mais heureusement il existe aussi la tolérance et des organismes d’entraide. 

Être en contact avec ceux et celles qui souffrent est essentiel à notre engagement chrétien. François d’Assise doit sa conversion en grande partie à une rencontre avec un lépreux. C’est le texte de l’évangile d’aujourd’hui qui l’a fait sortir de sa médiocrité et a provoqué un changement radical dans sa vie. Il écrit dans son Testament : « La vue des lépreux m’était insupportable, mais quand je me sentis intérieurement porté à embrasser l’un d’eux, tout a basculé, tout a changé ». François est converti par un baiser. Il est littéralement retourné, transformé, il voit les gens, il voit la vie d’une autre façon. 

Il en a été de même pour le Père Damien sur l’île de Molaquai et de Raoul Follereau, un journaliste qui, avec son épouse, a consacré sa vie à la cause des lépreux. C’est lui qui a introduit la journée mondiale des lépreux, une page d’évangile célébrée dans environ 130 pays. Il en est encore aujourd’hui dans des milliers d’endroits où des femmes et des hommes s’engagent bénévolement pour la libération des exclus afin qu’ils puissent vivre dans leur dignité d’enfants aimés de Dieu. 

Le contact de Jésus avec le lépreux est en fait l’équivalent de la parabole du bon Samaritain dans la vie réelle. C’est aussi le symbole de l’intervention de Dieu dans chacune de nos vies. 

Derrière l’image de la lèpre, nous retrouvons toutes nos fragilités, nos handicaps, nos toxicomanies, ce qui nous défigure et nous ronge de l’intérieur, tout ce qui nous empêche d’être un membre à part entière de la communauté humaine et d’offrir ce que nous avons d’unique. Tous nous avons besoin de la tendresse de Dieu. Et tous nous sommes invités à suivre l’exemple du Christ, à apporter un peu de réconfort et d’espérance à ceux et celles qui sont malades, rejetés et isolés. 

Être disciple du Christ, c’est être guéri par lui et marcher à sa suite en agissant comme lui en imposant les mains aux malades afin qu’ils se sentent mieux. (Marc 16,18)

 

François-Joseph HIMBERT

Dimanche 4 février 2024

« TOUT LE MONDE TE CHERCHE » Mc1, 37 


Cette phrase de Simon et de ceux qui étaient avec lui quand ils partirent à la recherche de Jésus, qui s’était rendu dans un endroit désert pour prier après les miracles opérés, montre ce désir de Dieu que plusieurs  portent  dans le cœur. 

« Tout le monde te cherche. »
Une question qui vient tout suite à l’esprit est de savoir pourquoi le cherchent-t-ils ? Est-ce parce qu’il venait de guérir la belle-mère de Simon fiévreuse et beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies ou parce qu’il a expulsé beaucoup de démons à qui il empêchait de parler? Pourquoi le cherchent-ils ? 

« Tout le monde te cherche.»    
Il nous arrive sans doute de le chercher nous aussi assez souvent quand la vie devient une corvée pour nous, quand nous avons besoin d’ombre, quand nous n’avons en partage que le néant ou quand nous ne comptons que des nuits de souffrance. Oui, il nous arrive de le chercher quand nous sommes envahis par des nuits de cauchemars durant des jours. Il nous arrive de le chercher assez souvent quand nous réalisons que notre vie n’est qu’un souffle. (1ère lecture)

« Tout le monde te cherche. »
Cherchez le Seigneur ne devrait susciter aucune inquiétude. Il est même souhaitable que nous le cherchions tous et que nous puissions le rencontrer. 
Mais pourquoi le chercher ? La réponse nous la tenons du Christ Lui-même. « Sans moi vous ne pouvez rien faire» Jn15, 5. Cherchons le Seigneur parce qu’il est tout pour nous. Il donne sens à notre existence. Sans lui nous ne pouvons rien faire. Cherchons-le parce que nous avons envie de demeurer avec lui. « Que cherchez-vous ? (…) Maître où demeures-tu ? » Jn1, 38

Si nous sommes convaincus que sans lui nous ne nous pouvons rien faire, il faut alors que nous le cherchions. Et l’ayant cherché, que nous le rencontrions. Comment le rencontrer ? C’est en annonçant l’Evangile et en essayant d’en gagner le plus grand nombre  possible, en étant aussi faible avec les faibles. C’est en se faisant tout à tous que nous trouverons celui que nous cherchons : le Christ (2ème lecture). Proclamer l’Evangile  c’est offrir le Christ, Parole de vie, à ceux qui le cherchent.  

Et nous, cherchons-nous souvent le Seigneur ? Savons-nous le chercher ? Le rencontrons-nous assez souvent ? Arrivons-nous à l’offrir à ceux qui le cherchent?

« Chercher le Seigneur pendant qu’il se laisse trouver, invoquez-le pendant qu’il est tant.» Is 55,6
 
Astrid-Carlos FAGNINOU

Dimanche 21 janvier 2024

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BIENHEUREUX CARLO ACUTIS, PATRON DES JEUNES DES LA PAROISSE !
 

Le saviez-vous ? On peut étudier au collège, être geek, aimer le foot… et aller au paradis. Le bienheureux Carlo Acutis nous le rappelle particulièrement.

Carlo est né en 1991. Il a vécu la vie ordinaire d’un enfant, puis d’un adolescent du nord de l’Italie. Mais cette vie ordinaire, il a choisi de la vivre avec Dieu. Depuis sa première communion, il avait décidé d’aller chaque jour à la messe, et de se confesser chaque semaine. Nourri par la prière, il s’était engagé pour aider au catéchisme de sa paroisse et pour aider à en refaire le site internet. Sur le chemin du collège, il parlait et prenait soin des plus démunis, partageant son goûter et quelques nouvelles. Son ton jovial et sa profondeur rayonnaient auprès de ses nombreux copains…

Carlo est mort à 15 ans d’une leucémie foudroyante. C’était en 2006 et ceux qui l’ont accompagné ont été marqués par sa confiance et sa joie : « J'offre toutes les souffrances que je dois subir au Seigneur, pour le pape et pour l'Église, et pour aller directement au paradis. »

Cette figure de sainteté, si inspirante, est un beau modèle pour les jeunes chrétiens, appelés à vivre leur foi à l’école et au collège. Avec l’équipe du KT et de l’aumônerie, et bien sûr avec les prêtres et l’EAP, nous avons décidé de lui confier les jeunes de notre paroisse. Nous avons fait une demande en Italie pour recevoir une relique, que nous sommes allés chercher en main propre lors de notre pèlerinage à Assise. Au cours de la messe des vœux, nous demanderons au Bienheureux Carlo de prendre soin des jeunes de la paroisse, du catéchisme, de l’aumônerie, et bien sûr du Patronage Acutis, nommé ainsi en son honneur. Quelle joie s’ils redécouvraient avec Carlo qu’eux aussi sont appelés à la sainteté, une sainteté possible, une sainteté simple, une sainteté… en baskets !
 

P. Martin de Hédouville +

Dimanche 14 janvier 2024

VENEZ A SAINT-PRIX ET VOUS VERREZ DIEU !


Selon la mentalité ambiante dans notre société aujourd’hui, l’expérience est le seul moyen valide et crédible de connaître. En dehors d’elle, il n’y a que rêveries et belles paroles poétiques. Aussi voudrait-on tout expérimenter : tabac, alcool, drogue, toutes sortes de vices … Et on oublie ou on méconnaît que toute expérience marque  en bien ou en mal la personne qui la fait de façon indélébile et souvent irréversible. Mais, peut-on faire aussi l’expérience de Dieu ?

En effet, Dieu n’est pas directement objet d’expérience. Personne ne l’a jamais vu de ses yeux de chair (cf. Jn1, 18). Selon la Bible, entendre sa voix provoquerait la mort (cf. Ex20, 19). Dieu est le Tout Autre.

Cependant, il se donne lui-même à connaître : « Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux pères par les prophètes, Dieu, nous a parlé par le Fils » (He 1, 1-2). Relisant leur aventure avec Jésus, les apôtres la considèrent comme une expérience de Dieu : « Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie… » (1Jn1, 1-3). Cette expérience commence dans la rencontre dont nous parle l’Evangile de ce dimanche : « Venez, et vous verrez » (Jn1, 35-42). C’est une expérience qui est, dans une certaine mesure, communicable. André appelle Pierre, Pierre appelle Philippe, Philippe appelle Nathanaël. C’est la même expérience qui est communiquée à l’évêque Saint Pry, dont la sainteté nous est donnée à contempler, tout particulièrement ce samedi, où tout notre Groupement Paroissial est invité à faire un pèlerinage en son honneur et à sa suite pour nous ressourcer et raviver en nous la même expérience qui nous est communiquée et que nous sommes appelés à communiquer à notre tour.

Puissions-nous vivre une véritable rencontre avec Dieu en allant à Saint-Prix, à la suite de Saint Pry.

Augustino MENSAH

Dimanche 7 janvier 2024

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QUE LE SEIGNEUR CONTINUE D'ACCOMPLIR CE QU'IL A COMMENCE


Il est de tradition de se souhaiter au début de chaque année civile, une bonne et sainte année. C’est avec joie que je me prête à cet exercice.

Dieu a voulu S’incarner. C’est ce que nous avons fêté il y a quelques jours. C’est dans le temps qu’Il ne cesse de Se manifester en chacun et chacune d’entre nous. Il ne cesse de Se manifester. Dans cette manifestation, Il accomplit le fait que nous sommes tous créés à Son image et à Sa ressemblance.

En laissant Dieu agir dans notre vie, nous laissons cette divinisation qui est en chacun et chacune d’entre nous, mais aussi au sein de notre communauté. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux (Mt 18,20), nous dit le Seigneur et il est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde (Mt 28,20) !

Puissions nous laisser Dieu agir et nous aider les uns les autres à venir nous rencontrer.

Bonne et sainte année à tous.

Père Pierre MACHENAUD

Dimanche 31 décembre 2023

Nous voici dans cet "entre-deux fêtes’", dans ce temps de l’Octave de Noël. Tous encore dans la joie de cette grande fête de la Nativité du Sauveur, l’Emmanuel, "Dieu avec nous" que nous venons de célébrer et, dans quelques heures, l’arrivée de cette année  nouvelle !

Et ce dimanche, l’Eglise nous donne de célébrer la Sainte famille de Jésus, Marie et Joseph. Quelle belle invitation nous avons là pour clore l’année 2023 et nous ouvrir à ce que sera la nouvelle année pour chacun de nous !

Une famille ! Voilà ce que Dieu "veut" pour accueillir son Fils, pour signifier l’incarnation : la présence aimante de Marie et son Oui à la vie; la paternité discrète, solide et fidèle de Joseph son époux pour faire face aux aléas et à la réalité du quotidien parfois inattendue et dure à porter. A l’imitation de Joseph et de Marie, Il y a là un chemin de vie à  emprunter avec force, courage  et confiance pour nous tous,  pour toutes les familles, particulièrement celles qui souffrent d’incompréhension, de la maladie, de la perte d’un être cher, de la violence, de relations intergénérationnelles compliquées…

Notre monde, en proie à la violence de la guerre et à l’exploitation des plus faibles, notre pays, nos familles ont un  besoin urgent de paix, d’amour et de fraternité. Nous l’avons entendu;  Celui que nous avons accueilli à Noël, c’est ce Conseiller merveilleux, ce Père à jamais, prince de la Paix (Is 9,6). Elle est là, sans doute, cette douloureuse annonce de Syméon à Marie : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d’un glaive ! »

En cette veille du 1er janvier où nous fêterons Marie- Mère de Dieu et  pour chaque jour de l’année nouvelle,  je vous propose de garder dans le cœur cette invitation de Marie aux serviteurs à Cana : « Tout ce qu’Il vous dira, faites-le ! » Oui, nous le savons, c’est chaque jour que le Seigneur nous rejoint dans nos vies et Il nous invite à Le suivre.

« Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Qu’Il fasse sur toi rayonner son visage. Que le Seigneur te découvre sa face, qu’Il t’accorde sa grâce et t’apporte la paix. »   
(1ère lecture du 1er janvier - du livre des nombre - Nb 6, 24-26)

Belle fin d'année à Tous.

Jérôme Blesch, diacre

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Dimanche 10 décembre 2023

« PREPAREZ LE CHEMIN DU SEIGNEUR ! »


Les trois lectures de ce deuxième dimanche de l’Avent nous invitent à bien nous préparer à la venue du Seigneur. Isaïe souligne le besoin  «Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu. Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissée! que les escarpements se changent en plaines, et les sommets, en larges vallées ! Alors se révélera la gloire du Seigneur.» Pierre d’écrire «que tous parviennent à la conversion.» Jean Baptiste proclame «un baptême de conversion» car il est important de «convertir notre coeur». Il nous faut «embellir» notre maison pour bien accueillir notre Seigneur. 

Saint Ambroise disait: «L'Église nous demande encore de comprendre ceci : de même que le Dieu est venu au monde une seule fois en s'incarnant, de même, si nous enlevons tout obstacle de notre part, il est prêt à venir à nous de nouveau, à toute heure et à tout instant, pour habiter spirituellement dans nos cœurs avec l'abondance de ses grâces.»

Jean Baptiste n’est pas allé au désert pour s’assoir en silence. Il a vécu une conversion profonde et il invite les autres à en faire autant. Il sait que le contact avec Dieu peut transformer notre vie et nous redonner la joie et l’espérance.

Le désert peut prendre des formes différentes : un lieu retiré où il devient possible d’entendre ses voix intérieures, une église et sa communauté chrétienne qui nous invitent au recueillement et au partage, un groupe de réflexion où l’on construit avec d’autres notre vision du monde, un site Internet qui ouvre des nouveaux horizons et nous met en contact avec d’autres chercheurs de sens, une oeuvre d’art ou une pièce musicale qui nous amène à aller plus loin au dedans de nous-mêmes, etcétéra.

Le désert est l’endroit qui nous permet de diminuer le volume des bruits discordants qui nous agressent de toutes parts. C’est l’environnement qui nous met en position d’écoute, de veille et d’attente.

Toutes les attentes ne sont pas bénéfiques et certaines ne servent à rien. Dans la très belle pièce de théâtre de Samuel Beckett : « Waiting for Godot »(En attendant Godot) quelques personnes sont assises par terre et parlent, pendant toute la pièce, de la venue prochaine de Godot. Ils soulignent l’importance de sa venue. Vers la fin, quelqu’un entre et leur dit que Godot est arrivé dans le village voisin. L’un des personnages s’exclame : «il faut aller le retrouver…» mais personne ne bouge. Ils restent assis et continuent à parler pendant que le rideau tombe et que la pièce prend fin. Une telle attente passive, remplie de phraséologie vide, ne sert absolument à rien, dit Beckett.

Il existe une autre sorte d’attente, qui met les gens sur pied et provoque l’engagement, la planification constructive, l’espérance ouverte sur l’avenir, et la joie communicative. C’est, par exemple, l’attente de parents qui se préparent à la naissance d’un enfant. Ils peignent la chambre, trouvent un berceau et un petit lit, décorent les murs, achètent des vêtements pour l’enfant qui va naître, se réjouissent avec leurs parents et leurs amis. Ils font tout pour que cette naissance soit célébrée dans la joie. C’est un modèle de l’attente dont parle l’évangile. C’est ainsi pour tous les grands événements de la vie comme les fiançailles, le mariage, une réussite professionnelle etcétéra.

Noël, est la plus belle fête de l’année. Et combien de contemporains s’y préparent sans vraiment savoir son origine ? Il faut bien la préparer et parler autour de nous du sens de la fête. C’est la fête de la venue de Dieu parmi nous : «Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers». Sans cet effort, nous risquons de nous laisser prendre par le clinquant des grands magasins et de rater complètement la venue du Seigneur. Comme le dit Jean Baptiste, Dieu viendra chez-nous si nous lui préparons le chemin. Dans quelques endroits de notre pays - il y en de froid, de glace et de neige, nous savons que préparer une route demande beaucoup de travail. Pendant toute la période d’été, les programmes de réparation se multiplient à travers le pays, afin de remettre les routes en bonne condition avant que la neige ne recouvre le sol. 

Sur la route de notre vie, le temps a multiplié les trous, les bosses. Il y a des courbes trop raides et des dénivellations trop accentuées. Il s’agit donc de redresser, aplanir, réparer, illuminer, repaver. Nous sommes invités aujourd’hui à regarder notre vie pour voir ce qui doit être amélioré ou refait à neuf, afin de permettre au Seigneur d’arriver jusqu’à nous. Qu’est-ce que nous pourrions changer pour être plus fraternel, plus chrétien, plus humain ? L’Avent est un temps d’attente, de conversion. Il s’agit de tourner le dos au passé et de miser sur le présent et sur l’avenir, de changer la vision que nous avons de nous-mêmes, afin de devenir meilleurs à l’image de Jesus le Christ-Sauveur. C’est une affaire du cœur.

C’est une invitation à PRÉPARER LE CHEMIN DU SEIGNEUR. 

Père François-Joseph Himbert, aumônier de Massabielle

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Dimanche 17 décembre 2023

GAUDETE  : FAUT-IL VRAIMENT SE REJOUIR ?


Nous sommes au 3ème dimanche de l’avent. C’est le dimanche de Gaudete (réjouissez-vous) ou le dimanche de la joie. Il nous reste encore une semaine avant de pouvoir exécuter en chœur avec les anges, ce très émouvant chant que nous connaissons tous : «Les anges dans nos campagnes ont entonné l’hymne des cieux…… ». Mais l’Eglise nous invite à marquer juste une pause en ce temps d’attente que nous vivons, qui n’est surtout pas un temps de tristesse ou de monotonie, afin de laisser jaillir de nos cœurs, la joie. 

Comme quoi, durant l’attente on peut ressentir de la joie, la joie parce qu’on a hâte qu’advienne ce qu’on espère, la joie du bonheur annoncé, promis, espéré et surtout l’impression d’être déjà émerveillé et comblé par Celui qu’on attend. 

Les motifs de joie dans notre vie sont multiples et multiformes. Nous en avons quelques uns avec le prophète Isaïe dans la première lecture de ce dimanche (Is 61,1-2a.10-11): une bonne nouvelle, une guérison, une délivrance, une libération, en gros, une grâce particulière reçue du Seigneur. L’attitude qui convient le mieux en de pareilles circonstances, c’est l’action de grâce, c’est de rendre témoignage à l’auteur de cette grâce, à celui qui nous aura permis d’être reluisant de joie: «Frères, soyez toujours dans la joie, (…) rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus» nous dit Saint Paul en 1Th5, 16-18 dans la deuxième lecture. 

Il parait aussi que «se réjouir» fait du bien pour la santé mentale et physique de l’homme. Mais pouvons-nous pour autant provoquer nous-mêmes notre joie quand à des moments, nous sommes assaillis par les soucis de la vie, quand la souffrance nous désoriente, quand l’angoisse nous envahit et que notre entourage se montre inhospitalier ?

Se réjouir en tout cas, c’est être reconnaissant, c’est prendre soin de soi, c’est rendre témoignage à l’auteur de sa joie un peu comme Jean qui rend témoignage à la Lumière qu’est Jésus dans l’Evangile (Jn1,6-8.18-28), c’est aussi être reluisant, etc.

Alors, n’avons-nous pas de bonnes raisons de nous réjouir et surtout le devoir de rendre nos proches heureux ?  Absolument. Et ce serait d’ailleurs chrétien. 
Bon dimanche de ‘’Gaudete’’

Père Astrid-Carlos FAGNINOU

Dimanche 24 décembre 2023

NOTRE NAISSANCE DE TOUTE ETERNITE !


La naissance d'un nouveau-né, dans ce qu'elle a de tendre, de beau, de touchant - cette naissance de Jésus - c'est l'irruption dans notre histoire humaine du projet d'amour que Dieu depuis l'origine forme pour nous.

La naissance de Jésus : c'est l'Amour de Dieu depuis toute éternité qui vient à nous, dans le plus modeste et le plus simple d'une existence humaine.

Le projet du Père avant tous les siècles prend maintenant verbe d'homme. Désormais il se manifeste à nos yeux et à nos sens, pleinement, définitivement : par une parole humaine Dieu s'adresse à chacun d'entre nous comme dans l'intime : "m'aimes-tu ? veux-tu entrer dans cette relation d'amour que j'offre à tous les hommes ?" La "tendresse du Père pour ses fils" passe par l'émotion de l'accueil du nouveau-né, et annonce à chacun sa propre nouvelle naissance vis-à-vis du Père : dans l'eau et l'Esprit.

Noël, c'est la déclaration d'amour de Dieu et en même temps cette promesse : une source d'Amour infini qui jaillit d'une manière éternellement nouvelle, du côté du Fils.

C'est tellement inespéré dans nos vies ! À son tour, chacun se trouve libre d'élargir son cœur, ses perspectives, et de répondre à la Parole de Vie : oui, à moi aussi "le Seigneur m'a dit : tu es mon Fils, aujourd'hui, je t'ai engendré !" (psaume 2,7).

Belle entrée dans l'événement de la Nativité du Seigneur !


Arnaud, diacre

Dimanche 14 octobre 2023

"Nous nous souvenons que votre espérance tient bon en Notre Seigneur Jésus-Christ"
(1ère lettre aux Thessaloniciens, chapitre 1,3)

 

Voici une interpellation de Paul pour nous aujourd'hui : osons-nous encore interroger notre espérance, en dépit des événements, des incertitudes, en dépit de nos vulnérabilités ?
Notre espérance : est-ce quand nous parvenons à nous donner du recul, à "gérer", à serrer les dents ? Y ajouterons-nous, même, un zeste de naïveté ? Ou bien est-ce plus que cela ?

Souvenons-nous de ce qui nous est donné par le baptême. Comme la foi et la charité, l’espérance reçue ne naît pas de notre spontanéité, de notre résilience. Alors, comment la ranimons-nous, comment la nourrissons-nous ? Comment en prenons-nous soin ?

C'est avant tout un don qui se laisse recevoir : dans un compagnonnage simple avec le Seigneur, dans une prière rayonnante. Une manne inépuisable pour celui qui la demande : de tout son cœur, de toute sa force, de toute son âme, de toute son intelligence !
Car le prix à payer de notre côté réside dans cette volonté ferme de demander et d'accueillir l'espérance.
Et notre ténacité va être mise à contribution : tendre l'autre joue, autrement dit porter autour de nous un autre visage face au doute, face à l'angoisse, se laisser déplacer hors de l'ornière des vues humaines et se reposer complètement en Dieu.
C'est à cette condition que l'espérance devient la marque de l'homme nouveau, de l'homme sauvé.
C'est à cette condition que nous pouvons affirmer avec Paul qu'"elle n'a pas été simple parole, mais puissance, action de l’Esprit Saint, pleine certitude".

Alors, que notre espérance tienne bon dans le Seigneur, à l'image de notre cheminement dans la Foi et de notre ouverture à la Charité.

Arnaud DHERMY, Diacre

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Dimanche 8 octobre 2023

VIGNERONS HOMICIDES OU VIGNERONS EN MISSION ?
 

Le mois d’octobre que nous avons entamé depuis peu est connu pour être le mois du Rosaire. Nous avons certainement, dans la logique d’honorer la Vierge Marie, Notre Dame du Rosaire que nous célébrons  tous les 7 octobre de chaque année, saisi nos chapelets pour prier notre Mère. Que par son intercession d’ailleurs, nous vivions concrètement notre vocation chrétienne en ce monde. Et cette dernière ne peut être pleinement vécue sans sa dimension missionnaire. 

C’est providentiel que nous soyons également dans le mois missionnaire. Notre vocation chrétienne ne nous appelle-t-elle pas à témoigner du Christ en ce monde qui représente sa vigne en référence à l’évangile de ce dimanche?

Dans le texte de l’évangile, les vignerons sont coupables d’homicide sur les serviteurs et sur le fils du propriétaire de la vigne à cause de leur avidité, eux qui étaient censés remettre les produits de cette vigne.

Vignerons nous sommes appelés à être si nous ne le sommes déjà. Mais plutôt des vignerons heureux et non grincheux, des vignerons travailleurs et non misérables dans la vigne du Maître, des vignerons prêts à faire fructifier et à vivifier celle-ci pour finir par à en rendre compte comme de bons intendants.

Quelle joie que d’être des vignerons en qui le Maître a confiance et qu’Il envoie dans une totale confiance en mission dans sa vigne ! 

Des vignerons en mission serions-nous en ce moment.


Père Astrid-Carlos FAGNINOU

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Dimanche 1er octobre 2023

TREMBLEMENT DE TERRE ..., TREMBLEMENT DE FOI


   Que de drames connaît notre petite planète Terre ! Ukraine, Soudan, Haut Karabach, etc. etc… Mais aussi, liés au changement climatique : températures bien au-delà des « normales saisonnières » (comme disent les météorologues), inondations, tremblements de terre, tsunamis, etc… Et je n’oublie pas, évidemment, les graves accidents de santé qui vous tombent dessus un beau jour sans prévenir… Face à tout cela, comment notre foi en Dieu ne serait-elle pas ébranlée ? Comment traverser l’épreuve du mal ?

   Avec le philosophe Paul Ricoeur, je crois qu’il nous faut faire trois pas.

Premier pas : faire le deuil de notre désir de comprendre. Accepter donc de ne pas trouver de raison – surtout pas de raison du genre : « c’est une punition de Dieu ». Car pourquoi donc les dizaines de milliers de morts des tremblements de terre de Syrie, du Maroc, de Lybie auraient-ils été les victimes d’une punition divine ?

   Second pas : accepter de laisser se répandre la plainte contre Dieu, ainsi qu’on le fait si souvent dans les psaumes, à commencer par celui (psaume 21) que les évangélistes ont mis dans la bouche de Jésus mourant : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?". Car cette plainte de protestation «contre» Dieu (« pourquoi ? ») est aussi dialogue priant «avec» Dieu («mon Dieu, mon Dieu»)

   Troisième pas : croire en Dieu en dépit du mal. Car Dieu est source de tout ce qui est bon, y compris donc de l’indignation contre le mal et du courage de lutter contre Lui en s’engageant solidairement en faveur des victimes. On répond alors AU mal en répondant DU mal.

   Dieu nous vienne en aide !

P. Louis-Marie Chauvet 

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« Bonjour Marseille, bonjour la France ! »

Par ces mots, le pape François a commencé cette messe extraordinaire au Vélodrome de Marseille. Une messe extraordinaire, par le nombre de participants -plus de 60 000-, par sa grande ferveur, par la préparation étonnante, à laquelle des musiciens, des chanteurs, des humoristes français ont participé avant puis après la messe, la « Ola »de tous, ainsi que des prêtres et de certains évêques avant la messe, mais surtout, surtout, cette prière intense avec le successeur de Pierre.

Le pape François est venu renforcer notre foi. Il nous invite à voir les signes qui trésaillent en nous : le tressaillement de la foi, le tressaillement devant la vie, le tressaillement que nous pouvons vivre. Qu'est-ce qui tressaille en nous ? Qu'est-ce qui nous rend heureux ? Qu'est-ce qui nous permet de 
vivre notre foi à la suite du Christ et de tant de témoins ? À Marseille, le pape François, le successeur
de Saint-Pierre, nous a vivifiés dans la foi. Il nous a montré l'importance de tout être humain, que l'on
ne joue pas avec la vie jusqu'à la mort, que l'on ne joue pas avec la vie de ceux qui veulent vivre mais
sont obligés de quitter leur pays, et trop souvent meurent en Méditerranée.

Rendons grâce à Dieu pour ces moments vécus et qui ont été, comme vous le savez tous, montré très positivement par les différents médias français et même étrangers.

Père Pierre Machenaud

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Dimanche 24 septembre 2023

LAISSONS NOUS GRATTER !


Ce week-end, le pape François est à Marseille à l’occasion de la clôture des troisièmes rencontres méditerranéennes. Ces rencontres rassemblent 70 évêques et 70 jeunes issus des différentes rives de la « mare nostrum ». Elles se veulent un lieu d’échanges à propos des principaux défis auxquels la région est confrontée : le défi de l’entente entre une diversité de peuples, de cultures et de religions ; le défi des disparités économiques ; le défi écologique ; et bien entendu le défi migratoire. Nul doute que le pape aura à ces sujets des paroles fortes, qui nous mettront peut être dans l’inconfort.

Les papes ont souvent des mots qui « grattent ». Le pape François n’échappe pas à la règle, et c’est tant mieux. Comme tous les pasteurs, il n’a pas reçu la mission d’être un gentil « calino-thérapeute » nous brossant mollement dans le sens du poil. Il doit travailler à ce que l’Evangile transforme vraiment nos vies. N’ayons donc pas le cuir trop dur. Prenons au sérieux ce que l’Esprit-Saint veut nous dire en nous grattant. Il y a sans doute une parole qui est là pour nous réveiller de notre confort, pour nous sortir de notre torpeur.

Seigneur, que m’appelles tu à faire pour servir ton royaume? 

 

P. Martin de Hédouville +

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Dimanche 17 septembre 2023

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LE PARDON POUR ETRE BON OU POUR ETRE BONBON ?
 

Selon une certaine sagesse, « Quand on est bon une fois, c’est bon ; quand on est bon deux fois, on devient bon-bon et on vous croque ». Il est aisé de penser que l’idée qui faisait la préoccupation de Pierre n’était pas différente de celle-là lorsqu’il s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? ». Aucun principe humain ne peut constituer le fondement du pardon, car celui-ci est à l’opposé de la justice. Il est comme une injustice faite à l’offensé ou à la victime. Si on veut promouvoir le sens de responsabilité et non l’impunité et l’anarchie, la justice exige de chacun qu’il assume jusqu’au bout les conséquences de ses propres actes. Mais cette logique ne résout pas tous les problèmes et ne semble pas réaliste. Car si on veut tenir compte de toutes les offenses, exiger réparation de toutes les fautes, corriger toutes les injustices, jusqu’où peut-on aller ? Quelle est la limite à ne pas franchir ? Ne court-on pas le risque de réduire le pécheur à son péché, le mettre dans une case, l’étiqueter, l’enfermer dans son passé ? Que deviendrait alors la personne qui sort de prison ?

Heureusement que la logique de Dieu est complètement différente ! Avec lui peut surgir à tout moment la nouveauté de l’amour. Au lieu d’écraser le pécheur sous le poids de son péché, l’amour lui offre le pardon et lui donne la possibilité de revivre. Devant une situation bloquée par la haine et la rancœur, l’amour devient miséricorde et permet de tout recommencer à neuf. Pardonner sans cesse n’est donc pas une faiblesse, mais une force régénératrice qui renouvelle indéfiniment. Osons alors pardonner soixante-dix fois sept fois pour être toujours bons de la douceur de l’amour sans jamais nous laisser croquer par la haine ou la vengeance. Redécouvrons le goût du sacrement de la réconciliation où Dieu nous recrée sans cesse.


Augustino MENSAH

Dimanche 4 septembre 2023

Retrouvez ci-dessous les messages adressés par le père Pierre MACHENAUD et nos deux diacres Jérôme BLESCH et Arnaud DHERMY 
après la messe d'action de grâces du 2 juillet dernier
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Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qui m'a fait ?

Par ce verset du psaume 115, je tenais à la fois à  remercier le Seigneur pour tout ce qu'il me donne de vivre depuis 25 ans dans le sacerdoce mais aussi pour vous remercier chacun et chacune pour votre présence et pour les très nombreuses personnes qui ont contribué à la préparation de cette journée du Jubilé. Il y a celles qui ont organisé la messe, la sonorisation, les chants, la sacristie, la chorale, les lecteurs, le déplacement des bancs, de l'autel, de l'ambon, le secrétariat pour la feuille... celles qui ont organisé l'après messe avec les tables et bancs, les contacts avec les commerçants, l'appel à apporter de la nourriture, la propreté des lieux, le rangement...

Ma famille et mes amis m'ont dit que j'avais de la chance d'être dans cette communauté et c'est vrai ! Je vous remercie pour les nombreux cadeaux reçus et surtout pour vos prières. Notre communauté a cette très belle capacité à accueillir pour prier et pour vivre un temps fraternel. Vivement que nous vivions cela le 17 septembre pour la messe de rentrée du groupement. Très bonne rentrée à tous et ensemble rendons grâce à Dieu !
 

Père Pierre Machenaud

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Chers paroissiens,

Nous venons vous dire un grand merci pour les trois dalmatiques que vous nous avez offertes à chacun, en cadeau pour notre ordination diaconale. En les revêtant, notre prières sera pour tous. Nous sommes heureux de poursuivre le chemin avec vous, avec nos pasteurs, au sein de notre belle et grande communauté de paroisse de Eaubonne, Saint Prix, Montlignon et Margency et tous ceux que nous rejoindrons par la mission qui nous est confiée par notre évêque, Monseigneur Lalanne.
Nous vous souhaitons une bonne reprise et uune belle année scolaire aux jeunes,  et vous disons à très bientôt.
Avec l’assurance de notre prière,
 

Arnaud et Jérôme  

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Dimanche 10 septembre 2023

« JE SUIS AU MILIEU D'EUX »
 

Nous avons été nombreux à vivre des belles rencontres cet été, même pour certains, cela a été un été riche en rencontres. Nous avons vécu l’ordination diaconale de Jérôme et Arnaud, puis la messe du 2 juillet en action de grâce pour tout ce que nous avons vécu cette année,  l’ordination diaconale et les 25 ans de sacerdoce de votre Curé. Puis lors des vacances, se sont déroulés l’école de prière à Massabielle, les différents camps scouts, les JMJ et le pélé VTT.

Oui, il y avait plus de deux ou trois personnes réunies au nom du Christ et Il était là, au milieu d’eux!

Ces temps ont été des temps fraternels, pour accueillir, partager, prier, approfondir notre foi. Nous nous proposons de poursuivre ces temps tout au long de cette année, grâce à la constitution des fraternités paroissiales missionnaires, que nous avions mises en place pendant le Carême et souhaitons voir perdurer. N’hésitez pas à vous inscrire lors de la messe de rentrée du 17 septembre qui sera aussi un si beau temps de rencontres.

En rencontrant l’autre que nous connaissons ou celui que nous ne connaissons pas, nous rencontrons le tout  Autre qu’est le Christ !

Que par ces fraternités mais aussi avec ces nouvelles équipes d’accueil du parvis lors des messes, nous puissions vivre cette fraternité en Christ!

Nous nous réjouissons aussi d'accueillir pour cette année dans notre groupement le père Astrid Carlos FAGNINOU (Abomey, Bénin), qui vient pour ses études et Henri Lajouanie, séminariste, qui vient pour un stage. 

Rendons grâce à Dieu pour tout cela, bonne rentrée et très bonne année à chacun !
et au dimanche 17 septembre avec joie !

 

Père Pierre Machenaud

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Dimanche 2 juillet 2023

NOTRE ACCUEIL : CATHO. OU CATA. ?
 

     L’accueil est un élément incontournable dans toute relation humaine. Il est l’alpha de toute rencontre et en détermine fortement l’oméga. Il est si important qu’il est devenu véritablement un art, notamment en diplomatie, dans les relations commerciales, en hôtellerie et dans l’événementiel. Le choix des invités n’est pas souvent laissé au hasard. Seront facilement ciblés les VIP, des personnes avec qui nous partageons les mêmes centres d’intérêt, ou qui sont dans notre cercle d’affinité, et qui peuvent nous inviter en retour. Nous soignons tellement l’image et l’apparence au point de glisser, même en Eglise, dans un tri sélectif, un entre-soi qui peut devenir,  pour les autres, indifférence, manque de considération, mépris, discrimination de toute sorte. Paradoxalement, en dépit de son aspect extérieur bien soigné, notre accueil devient humainement catastrophique car l’autre, parce que différent, inconnu ou sans intérêt pour nous, n’y trouve pas sa place.

     En effet, l’accueil matériel n’a de sens que dans la mesure où il s’ouvre à ce que la personne accueillie porte en elle de plus noble : l’image et la ressemblance de Dieu. La première lecture de ce jour nous donne l’exemple d’un bel accueil désintéressé et discret. La sunamite accueille le prophète Elisée et cela transforme toute  sa vie. Elle reçoit en récompense le don de la maternité. Dans le livre de la Genèse (Gn 18), Abraham accueille trois hommes et reçoit en récompense une descendance. Le Christ, quant à lui, est mal accueilli. Il n’y avait pas de place pour lui à Bethlehem (Lc 2, 7) ; les siens ne l’ont pas accueilli (Jn 1, 11). Mais à ceux qui l’ont accueilli, tels que Zachée (Lc 19), Marthe (Jn 11),   il a donné le salut. Jésus accueille et invite, et dans le même temps, il est accueilli et invité (Ap 3, 20). « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli » (Mt 25, 35).

     En définitive, le Christ s’identifie au disciple, à l’homme juste, au prophète, au petit. Et celui qui accueille s’enrichit plus que celui qui est accueilli. En accueillant l’autre quel qu’il soit, nous découvrons le visage de Dieu qui vient transformer notre vie. Dans nos rencontres et célébrations, il ne s’agit pas de trouver une recette d’accueil magique, mais de croire en l’amour de Dieu qui nous accueille et nous transfigure quand nous nous accueillons mutuellement, sans acception de personne, dans une fraternité véritablement catholique, c’est-à-dire universelle.
En ce jour où nous rendons grâce au Seigneur pour l’ordination diaconale de nos frères Jérôme BLESCH et Arnaud DHERMY, pour les 25 ans d’ordination presbytérale du Père Pierre MACHENAUD, et pour tout ce que nous avons vécu au cours de cette année pastorale, puissions-nous vivre l’Eucharistie comme la rencontre par excellence où Dieu nous accueille en même temps que nous nous accueillons toutes et tous comme frères et sœurs. Chacune de nos vies pourra alors chanter sans cesse : « Laisserons-nous à nos églises un peu d’espace à l’étranger ? Trouvera-t-il quand il viendra des cœurs de pauvres et d’affamés ? Ne laissons pas mourir la terre, ne laissons pas mourir le feu, tendons nos mains vers la lumière, pour accueillir le don de Dieu » (M. SCOUARNEC-Jo AKEPSIMAS).      

Augustino MENSAH

Dimanche 25 juin 2023

C’EST LA PREMIERE FOIS, UNE PREMIERE !

Oui c'est une première pour notre communauté paroissiale, car deux hommes vont être ordonnés diacres permanents, rendons grâce à Dieu, quelle joie !

Depuis la création de nos paroisses et de notre Groupement paroissial, c'est la première fois que des hommes répondent à l'appel à devenir diacres permanents. Qu'est-ce qu'un diacre permanent ? Un diacre permanent est le signe du Christ serviteur dans le monde et dans l'Eglise. Jésus Christ, dans Mat. 20, 28, nous dit :  « Je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir » Je suis venu pour servir : le diacre permanent est celui qui doit répondre à cet appel dans le monde et dans l'Eglise pour être au service des plus petits, de ceux et celles qui cherchent, qui sont sur le parvis de l’Eglise si je puis dire, qui sont dans les périphéries de l'Eglise et qui ne sont pas encore rentrés dans l'Eglise ou qui, à cause de blessures dans leur histoire, dans leur vie, dans leur être, ont besoin d'être accompagnés de façon plus particulière. Le diacre serviteur est celui qui vit cette charité sincère à la suite du Christ serviteur, auprès des personnes pauvres, fragiles et en souffrance. Prions. Prions le Seigneur pour rendre grâce, prions le Seigneur pour Arnaud et Jérôme, avec Véronique et Odile leurs épouses pour cette réponse à l’appel de Dieu. 


Le dimanche 25 juin à 16h00 à la Cathédrale Saint-Maclou de Pontoise nous serons heureux de les entourer pour prier avec eux, pour rendre grâce. 

Le dimanche 2 juillet, à l'occasion de la messe de fin d'année, Jérôme et Arnaud serviront en tant que diacres pour la première fois sur la paroisse. Nous rendons grâce pour tout cela. Quels beaux événements, quels beaux engagements nous sommes invités à vivre, ou plus exactement pour lesquels nous pouvons rendre grâce ! Alors nous vous attendons nombreux le 25 juin et le 2 juillet prochains !


Père Pierre MACHENAUD

Dimanche 24 juin 2023

MEDITERRANEE : CIMETIERE DE L'« HUMANITE »
 

Des cadavres par dizaines, des disparus par centaines, et, en ce qui concerne les survivants, que de vies brisées ! Voilà le tableau tragique de ce qui vient d’arriver à un bateau surchargé de migrants en Méditerranée… «  Tragique » est d’ailleurs un mot sans doute inapproprié, puisque la « tragédie » nous renvoie à un destin aveugle, à une fatalité… Or, dans tout cela, il y a une responsabilité humaine…

Trois choses sont sûres ou devraient l’être :
   - Avec la mondialisation des moyens de communication  et le changement climatique, le phénomène migratoire vers nos pays « riches » ne peut que s’accentuer. 
   - Les solutions à apporter à ce grave problème sont tout sauf simples. Les « n’y a qu’à » n’ont aucune crédibilité
   - Pourtant, il faut apporter des solutions. Nous ne pouvons pas, en tout cas, nous contenter de  faire le gros dos, en attendant que l’orage passe…

   En tant que chrétiens, nous avons entendu comme « parole de Dieu », en cette fête du Sacré Cœur où j’écris ce texte, de bien belles choses. Car si l’on peut, bien sûr, apprécier plus ou moins les représentations picturales les plus fréquentes de ce dit « Sacré-Cœur », en revanche, le contenu de cette fête, lui, ne peut  être  que hautement apprécié. Il s’agit en effet de célébrer, comme le disent les lectures de ce jour, un Dieu qui, en Jésus, se révèle comme étant l’Amour même, comme accueillant prioritairement celles et ceux qui « ploient sous le fardeau, puisqu’il est « doux et humble de cœur ». 
   Quel contraste entre cette magnifique révélation concernant Dieu et le sort des migrants évoqué ci-dessus ! Du moins nous devons-nous, comme chrétiens, si du moins nous avons le souci de quelque cohérence entre nos proclamations et notre réalité quotidienne, de ne pas renforcer les mouvements politiques ou sociaux qui creusent encore plus le fossé avec les « étrangers ». C’est vraiment le minimum, ne trouvez-vous pas ?


Louis-Marie Chauvet

Dimanche 11 juin 2023

CINQ ADRESSES POUR RENCONTRER DIEU !

 

Béni soit Dieu : dans Sa bonté, il a garni chacune de nos mains de cinq beaux doigts. Ils nous sont utiles pour toute sorte d’activités. Mais saviez-vous qu’ils nous enseignent aussi les cinq « adresses » pour rencontrer Dieu ? Pratique, non ?

La première adresse est rappelée par le pouce. Ce dernier, grâce à sa position singulière, se met au service des autres doigts. Il nous apprend ainsi que le service des petits est un lieu essentiel de rencontre avec Dieu.

Après le pouce, il y a l’index qui indique le chemin. Il représente l’Écriture Sainte laquelle nous montre comme lui la route de Dieu et nous permet de Le suivre.

Le majeur est le doigt du centre, le sommet de la main ! Il symbolise le sacrement de l’eucharistie, sommet de notre union avec le Seigneur.

Vient ensuite l’annulaire, le doigt qui porte l’alliance. Il désigne le sacrement de la réconciliation, qui nous permet de revenir dans l’alliance avec Dieu.

Il ne reste plus que l’auriculaire, le doigt le plus simple, le plus petit. Or, le moyen le plus simple de rejoindre Dieu au quotidien, c’est bien sûr la prière.

Ce dimanche, nous rendons-grâce à Dieu pour le don majeur du sacrement de Son Corps et de Son Sang. Décidons d’y être plus que jamais attaché. Personne ne voudrait se séparer de son majeur ni de ses quatre autres doigts, n’est-ce-pas ? Bénis soit Dieu pour notre main entière !
 

Père Martin de Hédouville+

Dimanche 4 juin 2023

BON DIEU DE BON SANG ! EN QUEL DIEU TU CROIS ?


Il est très facile de dire « Dieu » aussi bien dans la prière que dans les conversations les plus banales, dans des discours très sérieux comme dans des propos les plus frivoles, voire grossiers. Pour exprimer des jurons, on dira donc aisément : « Bon Dieu ! » ou « Nom de Dieu ! ». Et pour marquer sa joie, sa colère, son admiration, on n’hésitera pas à crier : « Bon Dieu de bon sang ! », « Dieu ! », « Ô mon Dieu ! » ou, en anglais, « Oh my God ! ». Nos lèvres sont aussi habituées à utiliser les expressions telles que : «la bête à bon Dieu », « On lui donnerait le bon Dieu sans confession », « Il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages ».

Mais qu’entendons-nous par « Dieu » ? Qui est Dieu pour nous ? En dépit des nombreuses réponses pertinentes et intelligentes que nous pouvons donner à ces questions, il faut reconnaître qu’il n’y a  pas de mots adaptés pour dire véritablement « Dieu ». La réalité de Dieu est toujours plus profonde et tellement différente de tout ce que nous pouvons penser de lui avec notre tête ou dire de lui avec nos mots. Il sera sans doute plus profitable pour nous d’écouter avec attention ce que Dieu dit de lui-même dans les Ecritures et qu’il a cherché à nous faire comprendre, surtout à travers la vie, la mort et la résurrection de Jésus Christ. 

C’est exactement ce que fait Saint Augustin, le grand Docteur de la Sainte Trinité, et qu’il exprime en ces termes : « Tous les auteurs que j’ai pu lire, parmi ceux qui, avant moi, ont écrit sur la divine Trinité, ont visé un unique objectif : démontrer, partant des Ecritures, que le Père, le Fils et le Saint Esprit attestent une unité indivisible dans l’égalité de l’identique substance et que, par conséquent, ils ne sont pas trois dieux, mais un seul Dieu. Cependant, ce n’est pas la Trinité qui naît de la Vierge Marie, qui est crucifiée et ensevelie sous Ponce Pilate, qui ressuscite le troisième jour et monte au ciel : c’est seulement le Fils. Ce n’est pas non plus la Trinité qui descend sous forme de colombe sur Jésus au moment du baptême (Mt 3, 16) et qui, le jour de la Pentecôte, en un coup de tonnerre, se pose sous forme de langues de feu sur les apôtres (Ac2, 2-4) : c’est le Saint Esprit. Enfin, ce n’est pas la Trinité qui dit à Jésus, du haut du ciel : « Tu es mon Fils » quand Jean le baptise (Mc 1, 11), ou sur la montagne quand les trois disciples sont avec lui (Mt 17, 5), ou encore le jour où on entend une voix crier : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore » (Jn12, 28) : c’est seulement le Père qui parle au Fils. Et pourtant, à partir  du moment où ils sont inséparables, le Père, le Fils et le Saint Esprit opèrent inséparablement ». 

En définitive, notre foi nous invite à contempler la grâce de notre Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint (cf. 2ème lecture). Aussi sommes-nous appelés à participer à cette profusion de don réciproque qui circule en Dieu, plein de tendresse et de pitié, lent à la colère et plein d’amour (cf. 1ère lecture). Certes notre raison (et même tout notre être) est sollicité, mais c’est surtout notre cœur qui est invité à battre au rythme de l’amour de Dieu et à rayonner de sa tendresse. Puisse l’Eucharistie de ce jour nous  plonger davantage dans ce mystère et nous faire crier : Bon Dieu de bon sang, que je t’aime ! (Oh my God, I love You !).

Augustino MENSAH

Dimanche 21 mai 2023

« IL S'EST ASSIS A LA DROITE DU PERE »


   Vous connaissez sans doute cette histoire de caté. La dame catéchiste demande aux enfants de CE2 : « pourquoi dit-on que, après son ascension au ciel, Jésus s’est assis à la droite du Père ? » - « Ben forcément, répond un enfant, après avoir grimpé si haut, il devait être fatigué ! »

   Évidemment, il ne s’agit pas de cela ! Il est vrai que cette expression, ainsi que bien d’autres d’ailleurs (comme « il est descendu aux enfers ») est bien obscure pour qui n’est pas initié. En fait, la Bible reprend un rituel bien connu dans le Moyen Orient de l’époque : celui de l’intronisation d’un nouveau roi ; notamment d’un fils du roi encore régnant mais devenu vieux. Le fils était intronisé comme futur successeur de son père à travers un rite où on le faisait asseoir à la droite de celui-ci. Il devenait ainsi son égal.

   C’est précisément cela que veut signifier notre expression : Jésus partage pleinement la gloire et la puissance de Dieu le Père ; il lui est égal en divinité. « Oui, mais ne l’était-il pas déjà auparavant ? » va-t-on objecter. Certes ! Mais il y a une nouveauté : il « emporte » avec lui, à la droite du Père, l’humanité qu’il a assumée. Comme le dit la liturgie de l’Ascension, le Christ « a fait entrer notre humanité avec sa faiblesse dans la gloire de Dieu » ; ou encore : « il est monté au ciel pour nous rendre participants de sa divinité ».

   Reste alors la grande question : «Merci de cette explication. Mais en quoi cela me donne-t-il à  vivre ? Au fond, qu’est-ce que ça change ?» Évidemment, c’est à chacun de répondre personnellement à cette question. Pour ma part, cela me parle vraiment de me dire (dans la foi, bien sûr) : Dieu manifeste qu’il est Amour non seulement en ce que, en Jésus, il s’est défait de sa divinité pour plonger dans notre humanité, mais en ce qu’il «soulève» en lui en quelque sorte notre humanité pour, malgré sa faiblesse, la «glorifier» en lui.

   Alors, malgré tout et tout, la Vie n’est-elle pas belle ?

 

P. Louis-Marie Chauvet

Dimanche 28 mai 2023

SOUFFLE IMPREVISIBLE


C’est le titre d’un chant  que nous connaissons bien et que nous prenons souvent pour invoquer l’Esprit Saint.

L’Esprit Saint est certes un souffle imprévisible, mais il est aussi un souffle insaisissable; le souffle n’est pas quelque chose que l’on peut saisir, et il vient du fin fond de nous-même, et il nous donne la vie, comme nous le rappelle le livre de la genèse, et nous vivons jusqu’au dernier souffle !

L’Esprit est insaisissable, il est imprévisible !

Qui aurait pu dire que dans notre diocèse, 250 adultes seront confirmés lors de cette fête de Pentecôte ( samedi 27 mai à 14h pour les 13 adultes de notre groupement paroissial à la cathédrale Saint Maclou de Pontoise) et que 15 adolescents seront baptisés le lendemain, à 11h à Notre-Dame d’Eaubonne. et parmi eux, deux recevront aussi le sacrement de confirmation.

L’Esprit Saint nous conduit là où nous ne pensions pas aller. Depuis 25 ans déjà, je vis cela de façon particulière, et je rends grâce à Dieu. Je rends grâce à Dieu pour tous ces fruits de l’Esprit Saint. Il est à l’œuvre aujourd’hui, comme hier!  laissons-le nous conduire.

Très bonne fête de Pentecôte à tous. 
 

Père Pierre MACHENAUD

Dimanche 14 mai 2023

POCHE DROITE OU POCHE GAUCHE ?
 

Traditionnellement, le beau mois de mai est comme dédié à la Vierge Marie. La douceur du climat et la beauté de la nature en fleur n’y sont sans doute pas pour rien. Dans cette perspective, je voudrais vous partager une belle initiative pour garder votre cœur sous la protection de Marie et de Jésus. Voilà donc cette idée que je tiens de certains de mes amis : ils m’ont expliqué avoir pris la décision de toujours avoir un chapelet dans la poche. Vous conviendrez avec moi que jusque-là, il n’y a rien de difficile, puisqu’habilement, ils ne se sont pas engagés à le prier. L’idée n’en est pas moins efficace, sur trois aspects. 

C’est d’abord un aide-mémoire. À chaque fois que l’on plonge sa main dans la poche, que l’on soit au travail, dans les transports ou en famille, Marie se rappelle à notre bon souvenir, et nous pouvons lui adresser une brève prière qui ne manquera pas d’illuminer nos journées. 

Plus encore, c’est une aide dans le combat spirituel. Cette poche du chapelet est comme là pour contrebalancer l’autre poche, que vous connaissez bien, à savoir celle du téléphone. Une poche pour le téléphone, une poche pour le chapelet : dans un moment de creux, laquelle choisiras-tu ? C’est ainsi que par surcroit, mes amis se sont mis à régulièrement prier des morceaux de chapelet. 

Il y a enfin, dans ce geste, l’occasion d’un témoignage. Si votre collègue, voyant dépasser la petite croix du chapelet vous demande ce que c’est, vous pourrez en quelques mots lui dire combien la prière est importante dans votre vie. 

Il reste une question essentielle à trancher, sur laquelle je ne veux pas me prononcer, tant chacun doit rester libre : mettrez-vous ce chapelet dans votre poche droite ou dans votre poche gauche ?

P. Martin de Hédouville+

Dimanche 7 mai 2023

OÙ ET COMMENT DEVONS-NOUS CHERCHER DIEU ?
 

A ces interrogations, les philosophes répondent en attribuant à Dieu un visage qui correspond à leurs inspirations plus ou moins vraisemblables. Ils cherchent Dieu partout où ils pensent trouver des traces de sa présence. Ce faisant, ils arrivent même à reconstruire une certaine image cohérente de Dieu.

Mais Jésus, lui, se présente comme la « vérité », c’est-à-dire la révélation parfaite de Dieu. En déclarant : « Je suis la vérité » (Jn 14, 6), Jésus nous laisse entendre qu’il ne dit pas seulement son opinion sur Dieu, et qu’il n’est pas non plus une des vérités sur Dieu. Il est l’unique et l’entière vérité divine, la manifestation de Dieu dans sa plénitude. En dehors de lui, il n’y a pas de chemin plus parfait pour connaître et rencontrer Dieu.

Aussi, Jésus se présente-t-il comme le « chemin », c'est-à-dire le passage obligatoire pour aller à la rencontre de Dieu. Il n’est pas une aide, un moyen efficace, mais la seule voie qui conduit à Dieu. C’est une voie à la fois humaine et divine, accessible à tous, qui conduit au salut et qui donne la vie.

Enfin, Jésus se présente à nous comme la « vie ». Lui seul est capable de faire vivre une existence authentiquement humaine, mieux, divine. En dehors de lui, nous baignons dans l’illusion de réussir une vie heureuse et juste, alors que nous construisons une vie erronée, triste et sans vrai bonheur. La vie de Jésus est celle que nous désirons, celle dont nous avons soif.

Mais pourquoi cherchons-nous Dieu, notre vie et notre bonheur, là où il n’est pas ? En célébrant l’Eucharistie de ce jour, puissions-nous y rencontrer véritablement Dieu en Jésus qui est «le chemin, la vérité et la vie» (Jn 14, 6).


Augustino MENSAH

Dimanche 23 avril 2023

APRES LES GRANDIOSES CELEBRATIONS DE LA SEMAINE SAINTE ...


    Oui, « grandioses » ont été ces célébrations dans notre groupement paroissial d’Eaubonne. Je pense que vous serez d’accord avec ce qualificatif : grandioses par leur mise-en-scène (la liturgie, comme le théâtre, cela requiert une bonne mise en scène, même si la liturgie n’est pas du théâtre, puisque les acteurs sont dans la salle - rappelez-vous le « NOUS » constant des prières liturgiques !-) ; grandioses par leur animation musicale (que de beaux chants !) et leur décor (quelle magnifique cuve baptismale, par exemple) ; grandioses par le nombre impressionnant de participants ; grandioses dans leur point culminant : les 14 adultes du groupement paroissial qui ont reçu des mains de notre évêque lui-même les « sacrements de l’initiation chrétienne » : baptême, confirmation et eucharistie. De tout ce vécu, nous sommes ressortis réconfortés, ragaillardis et fiers (humblement fiers, toujours) d’être chrétiens…
 

    Après, il nous faut vivre conformément à ce que nous avons célébré et reçu, comme le dit la liturgie. Comme les disciples d’Emmaüs, selon l’évangile de ce 3° dimanche de Pâques, nous avons reconnu la présence réconfortante de Jésus ressuscité sur notre route, mais… « Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut aussitôt à leur regard »… Finalement leurs yeux s’ouvrent sur du « vide », mais ce vide est désormais plein de sa présence. Et c’est en retournant à Jérusalem pour l’annoncer qu’ils le retrouveront… 

   Telle est bien notre condition de croyants. Il y a certes un temps pour nous recentrer sur le Christ : « Reste avec nous, car le jour baisse… ». Tout ce qui est de l’ordre de la liturgie, de la méditation de la Parole, de la prière vise cet accueil du Christ dans notre « auberge ».  Mais ce temps n’est là que pour mieux nous « envoyer ». A plusieurs reprises dans les récits d’apparition de Jésus ressuscité, apparaît la tentation de le retenir. Ainsi par, exemple, lorsque les disciples, selon S. Mattieu, ou Marie de Magdala selon S. Jean, lui saisissent les pieds : «  Allez en Galilée…Ne me retiens pas », leur dit alors Jésus. En d’autres termes, on ne met pas le Christ ressuscité en conserve ! C’est en le quittant pour l’annoncer dans nos « Galilées » païennes d’aujourd’hui que nous le rencontrerons. 

   Un hymne magnifique sur les disciples d’Emmaüs l’exprime admirablement. J’en confie les paroles à votre méditation : 
1- Jésus qui m’as brûlé le cœur / au carrefour des Écritures, / ne permets pas que leur blessure / en moi se ferme./ Tourne mes sens à l’intérieur, / force mes pas à l’aventure / pour que le feu de ton bonheur / à  d’autres prenne.
2- La table où tu voulus t’asseoir / pour la fraction qui te révèle : / je la revois, elle étincelle / de toi seul Maître ! / Fais que je sorte dans le soir / où trop des miens sont sans nouvelle, / et par ton Nom, dans mon regard, / fais-toi connaître.
3- Leurs yeux ne t’ont jamais trouvé, / tu n’entres plus dans leur auberge, / et chacun dit : « Où donc irai-je / si Dieu me manque ? » / Mais ton printemps s’est réveillé / dans mes sarments à bout de sève / pour que je sois cet Étranger / brûlant de Pâque.

P. Louis-Marie Chauvet

Dimanche 16 avril 2023

NE RATONS PAS LE TEMPS PASCAL


Nous y sommes ! La voilà, la joie de Pâques que nous attendions ! Car depuis quarante jours, nous ne faisions pas que jeûner pour jeûner ou prier pour prier… tous ces efforts avaient pour but de préparer nos cœurs à accueillir la nouvelle de la résurrection de Jésus !

Peut-être êtes-vous comme moi. Peut-être qu’une fois de plus, à la fin de ce carême, vous vous dites : «Je n’ai pas été très fidèle à ce que je m’étais fixé. Je suis un petit peu passé à côté de ce temps donné pour revenir au Seigneur.» Que cela ne vous enlève pas la paix du cœur ! S’il y a des pardons à demander à Dieu, demandez-les simplement. Mais surtout soyez dans la joie : si vous êtes passé à côté du carême, ne passez pas à côté du temps pascal, qui en est la finalité. 

Notre «travail», en ce temps pascal, consiste en effet à accueillir la joie d’être aimé et sauvé grâce à la résurrection de Jésus. Nous sommes invités à laisser cette bonne nouvelle entrer dans notre cœur comme on laisse doucement entrer la chaleur d’un feu de cheminée dans nos doigts engourdis. Cette joie va venir nous réchauffer, nous libérer, nous rendre plus heureux et disponibles. Tout au long du temps pascal, une telle joie peut être marquée par des signes extérieurs, à vivre seul ou en famille : un bon repas ; des chants de louange, lancés à la dérobée ; une prière davantage marquée par l’action de grâce pour les merveilles de Dieu…

Si notre paroisse se laisse activement transformer par la joie de la résurrection, alors elle sera plus rayonnante. Beaucoup se diront : «Que font ces chrétiens ? En pleine grisaille, ils sont joyeux !» On leur répondra : «Ils se savent aimés et sauvés !»

 

Père Martin de Hédouville+

Dimanche 9 avril 2023

LE CHRIST EST RESSUSCITÉ ! EST-IL VRAIMENT RESSUSCITÉ ?


« Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit » (Mt28, 5-6). La résurrection du Christ, ainsi annoncée aux femmes par l’Ange, n’a pour première preuve tangible que le tombeau vide : « Venez voir l’endroit où il reposait » (Mt28, 6).  Or le tombeau vide exprime une absence et non une présence. Dans l’évangile selon Saint Jean (20, 2-3), Marie Madeleine, une des femmes qui étaient au tombeau, court annoncer à Pierre et au disciple que Jésus aimait : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé ».

Le corps de Jésus, est-il donc porté disparu ? Sinon, où est-il, le Christ ressuscité ? La réponse à ces questions se trouve dans les nombreuses apparitions du ressuscité à Marie Madeleine, aux dix Apôtres (Thomas étant absent), aux disciples d’Emmaüs, aux onze Apôtres, dont Thomas qui avait exigé, pour croire, de toucher du doigt la marque des clous dans ses mains et le côté ouvert, etc. Plusieurs autres, comme Etienne et Paul, iront jusqu’au témoignage suprême du martyre pour proclamer leur foi en la résurrection du Christ. 

Mais des interrogations demeurent : Pourquoi Jésus ressuscité n’est apparu qu’à ses disciples ? N’est-ce pas une invention de leur part ? La diversité des récits d’apparitions, qui semblent même se contredire parfois, est la preuve qu’il ne s’agit pas d’une construction intellectuelle ni stratégique bien élaborée. D’ailleurs, au cours de la plupart de ces apparitions, les disciples étaient d’abord étonnés et surpris, comme s’ils ne reconnaissaient pas celui qui leur était pourtant très familier et qui leur avait annoncé à plusieurs reprises sa mort et sa résurrection. C’est sans doute aussi parce que le Seigneur ne s’impose à personne, mais se donne volontiers à voir aux cœurs simples, assoiffés de vérité. Et quand on est ouvert à son amour, le chemin pour le rencontrer est encore plus court, même le tombeau vide suffit pour vivre pleinement la rencontre avec le Ressuscité : « Il vit et il crut » (Jn20, 8). 

Puissions-nous vivre intensément cette rencontre avec le Ressuscité dans l’Eucharistie de ce jour, et le laisser agir en nous. Ainsi, comme André FROSSARD qui disait : « Dieu existe, je l’ai rencontré », nous pourrons proclamer par toute notre vie : Le Christ est ressuscité ! Il nourrit sans cesse ma vie et lui donne une saveur d’éternité.

Augustino MENSAH

Dimanche 2 avril 2023

QUI AURAIT PU IMAGINER CELA ?


Alors que de tout temps, dès la création, nous voyons ça avec Eve et Adam, l’être humain désire être tout-puissant, comme Dieu.

Tout-puissant vis-à-vis de la création, tout-puissant sur la naissance et la mort de l’être humain, tout-puissant sur le monde.

Alors que l’être humain a ce désir de toute puissance, nous voyons pendant cette semaine, la semaine sainte, un dieu qui s’est fait homme et qui va se donner jusqu’au bout comme un agneau qu’on amène à l’abattoir pour donner sa vie pour que les gens aient la vie en abondance, la vie éternelle. Qui aurait pu imaginer que Dieu se fasse homme, et qu’il donne sa vie, en son fils  Jésus-Christ sur une croix ? C’est inimaginable. C’est incroyable mais rien n'est impossible à Dieu. L’amour de Dieu dépasse toute espérance, l’amour de Dieu nous fait passer de la mort à la vie. L'amour de Dieu nous emmène de la haine au pardon.

Puissions-nous renouveler notre baptême, pendant cette semaine sainte, lors de ces si belles célébrations, et cette année encore en ayant la joie d’avoir sur notre groupement paroissial la messe chrismale avec l'évêque et tous les prêtres et les diacres du diocèse, le jeudi saint mémoire du dernier repas et du lavement des pieds,  le vendredi saint, se donner jusqu’au bout, et la vigile pascale ou 14 adultes seront baptisés par notre évêque.

Qui aurait pu imaginer cela ? ce n’est pas l’être humain, mais c’est bien Dieu!
 

Père Pierre MACHENAUD

Dimanche 26 mars 2023

« JE SUIS LA RESURRECTION ET LA VIE »

 
          Lazare selon l’évangile de ce dimanche, a fait l’objet d’une « réanimation » plutôt que d’une « résurrection » à proprement parler ; car il mourra plus tard… Néanmoins, sa réanimation est clairement une invitation à parler de la résurrection ? D’où la petite catéchèse sur « la résurrection de la chair » que je propose…
 
           a- La foi à la « résurrection de la chair » a depuis longtemps fait difficulté, mais cela semble particulièrement vrai dans la culture actuelle. Or, que veut dire cette formule ? Rien d’autre que ceci : « moi, je serai vivant en Dieu ».  Mais alors pourquoi parler de « résurrection de la chair » pour dire cela ? Cette expression nous vient de la Bible. Il faut donc la comprendre à partir de la culture juive, et non de la culture grecque, culture dans laquelle on parlait non de « résurrection », mais d’ « immortalité de l’âme ». Or, du point de vue biblique, la « chair » ne désigne pas les cellules biologiques de l’être humain, mais la personne humaine tout entière (« toute chair verra le salut de Dieu », Lc 3,6 ; « le Verbe s’est fait chair », Jn 1,14) en tant que sujette à la souffrance  et à la mort. De même, le terme, très proche, de « corps » : lorsque Jésus, à la dernière Cène, dit « Ceci est mon corps pour vous », il ne veut pas dire « mes cellules biologiques », mais « ma vie », « moi tout entier », « ma personne » en tant qu’elle est mortelle.
           Bien entendu, cette « chair » ou ce « corps » qu’est l’être humain selon la culture biblique est « animée » ; elle l’est même, nous dit l’un des récits de la création, par le « souffle » de Dieu (Gn 2,7). Mais ce principe de vie n’a pas la même portée que « l’âme » chez les Grecs : pour ceux-ci, l’être humain est une « âme » dans un « corps », lequel est considéré comme une sorte de « prison » ou de « tombeau » dont il faut se libérer  ; pour les Juifs au contraire, l’être humain est « corps animé » - un « corps parlant », dirions-nous aujourd’hui.

            b- Dire donc que l’être humain est « chair » ou « corps » (corps parlant, corps habité par une culture), c’est dire que ce qu’il y a de plus spirituel en moi est inséparable de ce « corps » que je suis, c’est-à-dire des relations qui, depuis le ventre maternel, m’ont tissé dans ma singularité : regards, paroles, marques de tendresse, services rendus, etc.  Et dire que ma « chair » est promise à la résurrection, c’est dire par conséquent que ce qui est appelé à vivre en Dieu, c’est moi, dans ma plus haute « spiritualité », en tant que tissé par ce riche et complexe réseau de relations à autrui et à l’univers. Cela non seulement n’a rien à voir avec la représentation grossièrement matérialiste d’une réanimation de mes cellules biologiques, mais dit également quelque chose de bien plus riche que la représentation « spiritualiste » de l’immortalité de l’âme.
 
           c- Certes, l’immortalité de l’âme dit bien également quelque chose de juste. C’est la raison pour laquelle, l’Eglise, ayant très vite traduit l’Evangile dans la culture « internationale » de l’époque qui était le grec (comme l’anglais aujourd’hui), a fréquemment adopté ce langage au point qu’il avait comme envahi la plus grande partie de la liturgie des funérailles où l’on priait pour « l’âme » du défunt. La visée était la même que dans le vocabulaire de la « résurrection » : dire que, après ma mort, « JE » serai vivant en Dieu. Mais le mot « âme », opposé à « corps » dans la culture grecque, dit ce « je » de chacun de manière singulièrement appauvrie par comparaison avec la « chair » ou avec le « corps » biblique, lequel, je le redis, exprime ce « JE » à partir des multiples relations aux autres et au monde qui l’ont façonné dans sa plus haute spiritualité et singularité.

            d- La difficulté, pour la foi, ne réside donc pas dans l’idée elle-même de la résurrection de la « chair » ou du « corps », mais dans les représentations que nous nous en faisons. Car ces représentations sont inévitables, mais elles sont toutes défectueuses. Nous ne pouvons donc en parler qu’avec des images, comme le fait la Bible. Peut-être la meilleure de ces images est-elle celle qu’emploie S. Paul : l’image du grain de blé qui doit mourir en terre pour être transformé en épi (1 Co 15). Cette image ne nous dit évidemment rien du scénario de la résurrection (comment cela se passe). Elle ne vise qu’à faire comprendre – mais ce point, lui, est de la plus haute importance - que, en Dieu, chacun sera bien, comme Jésus ressuscité, « le même », mais « tout autrement » : le même comme « corps », comme la tige de blé est bien la même que le grain semé ; tout autrement comme « corps spirituel », comme la tige de blé ne ressemble aucunement au grain semé. Puisque c’est « le même », cela exclut toute idée d’une dissolution du « moi » en Dieu (ou dans le grand Tout/Rien du Nirvana au terme d’une très longue série de réincarnations, comme dans le bouddhisme) : chacun vivra dans la pleine communion de Dieu, mais ce sera bien chacun dans son « moi » propre, donc avec sa personnalité unique et toutes les relations qui lui ont permis de grandir humainement et spirituellement.

           Telle est donc la foi de l’Eglise : Dieu est amour ; cet amour ne se referme pas au moment de notre mort comme on referme une parenthèse. Par-delà sa mort, chacun est donc appelé à partager la vie même de Dieu, cette « vie éternelle » que le Christ veut nous faire partager, lui qui a dit  « Je suis la Résurrection et la Vie » 

Louis-Marie Chauvet

Dimanche 12 mars 2023

JÉSUS : UN INCITATEUR A LA DISCRIMINATION RACIALE ?


Dans un dialogue riche et saisissant avec Jésus, la femme samaritaine affirme : « … Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem » (Jn 4, 20). Dans sa réponse, Jésus semble encourager et promouvoir un racisme spirituel en disant : « … Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs » (Jn 4, 22). Aussi les chrétiens, par imitation des Juifs du temps de Jésus, sont-ils habitués à se prendre pour les vrais croyants, et à placer les incrédules hors de leur monde, au-delà d’une frontière bien définie. Aujourd’hui, cette forme de manichéisme semble s’imposer comme une tentation universelle. Qu’on le veuille ou non, chacun de nous est l’incrédule pour celui dont il ne partage pas les opinions. Pendant longtemps, et peut-être encore maintenant, pour les Juifs et les musulmans, les chrétiens sont des incrédules par excellence. Pour les théistes, tous ceux qui ne raisonnent pas comme eux sont traités comme des athées. Et  ceux qui sont sûrs de leurs convictions n’apprécient pas bien les agnostiques. Mais n’est-ce pas vrai que l’incrédulité est l’horizon habituel de la foi ?

En réalité, Jésus vient plutôt briser les limites raciales et nationalistes de la foi pour inaugurer une sorte d’universalisme sans frontière ni dans le temps ni dans l’espace : « … L’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père… L’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jn 4, 21-23).

Puisse l’Eucharistie de ce jour nous aider à faire tomber les murs de nos diverses prisons que nous tenons pour des palais, et à nous libérer des nombreux geôliers de notre foi, à qui nous vouons une admiration indue. Nous pourrons alors adorer véritablement le Père « en esprit et en vérité ».

Augustino MENSAH

Dimanche 5 mars 2023

LE SEIGNEUR NOUS PREND AVEC LUI ET NOUS MET A L'ECART


Dans son traditionnel message pour le carême, le pape François nous invite à méditer le passage de la transfiguration que nous entendons chaque deuxième dimanche  de carême.

Je vous propose que nous nous arrêtions sur 4 étapes : l’écart, l’ascèse, la transfiguration et l’écoute.

Le Seigneur nous prend avec lui et nous emmène à l’écart. L’ordinaire de nos jours peut nous amener à vivre parfois un quotidien répétitif qui peut être ennuyeux. Pendant le carême, nous sommes invités à monter sur une haute montagne, un lieu, un moment pour laisser Dieu nous rencontrer.

Pour cela, nous devons vivre l’ascèse. C’est un effort de carême qui est toujours animé par la Grâce, pour surmonter nos difficultés, et tout cela pour approfondir notre connaissance de Dieu. Nous devons faire des efforts, aidés par Dieu, pour aller à l’essentiel et refuser tout ce qui nous empêche de rencontrer Dieu. C’est exigeant, cela nous demande des sacrifices.

Rencontrer Dieu, c’est le but de chacun d’entre nous, nous sommes faits pour cela.
Quand Jésus arrive au sommet de la montagne avec les 3 disciples, les voilà au but du chemin, la grâce leur est donnée de le voir dans sa gloire, resplendissant de lumière surnaturelle. Ce chemin ascétique du carême a pour objectif une transfiguration personnelle et ecclésiale.

Dieu, le Père, demande aux disciples d’écouter son fils. Cette demande nous est faite, écouter Celui qui parle. Avant tout dans la Parole de Dieu que l’Eglise nous offre dans la liturgie quotidienne mais aussi à l’écoute des frères et sœurs dans l’Eglise.

Cet encouragement du pape François résonne dans notre communauté. Nous pouvons faire partie d’une fraternité, nous saluer avant le début de chaque messe.

Très bon carême à vous tous et prions pour les adultes et adolescents qui seront baptisés cette année et prions que nous vivions un temps de conversion.

Père Pierre MACHENAUD

Dimanche 19 février 2023

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NE RESTEZ PAS SEUL PPOUR CE CAREME !


Le carême approche. Nous recevons à nouveau ce temps favorable pour nous recentrer sur l’essentiel au moyen de la prière, du jeûne et du partage. Mais qu’il est difficile de tenir la longueur lorsque nous restons isolés ! Nous savons au contraire combien nous avons besoin d’être écoutés, considérés, accompagnés et encouragés par d’autres chrétiens. 

C’est ainsi que cette année, notre paroisse vous propose de vivre le carême en petites fraternités. Elles commenceront au retour des vacances, à raison d’une rencontre par semaine pendant six semaines.  Au menu ? Un joyeux temps fraternel, un temps de prière ensemble, un petit enseignement vidéo sur les essentiels de la vie chrétienne, puis un échange personnel. Nous voudrions qu’ainsi nous puissions nouer entre nous de nouvelles relations de qualité, et nous sentir écoutés et accompagnés dans notre chemin vers Dieu.

N’hésitez donc pas à en parler autour de vous et à vous inscrire d’ici la fin des vacances par mail auprès de

mariejuliette.mouillere@gmail.com

Bien « fraternellement », 

Père Martin de Hédouville+

Dimanche 12 février 2023

LES CHRETIENS : UN CLUB DE BORGNES ET DE MANCHOTS ?


Des nombreuses directives que Jésus donne à ses disciples pour leur conduite morale au sein de la société, nous ne pouvons pas ne pas remarquer celles qui suivent : « Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi… » (Mt 5, 29-30). Vu le penchant de l’être humain au péché, suivre à la lettre ces prescriptions, ferait inexorablement du tiers de la population mondiale que constituent les chrétiens  un club ou un ramassis de borgnes et de manchots. Or, tel n’est pas le sort qui est le leur aujourd’hui. 

Comment comprendre alors ces propos de Jésus ? Saint Augustin nous aide à entrer dans l’intelligence de l’Evangile lorsqu’il étend le sens de ces paroles de Jésus à tout ce qui nous est particulièrement cher. Nous disons aisément d’une femme, d’un homme, d’un enfant ou de quelqu’un qui nous est très cher : « Elle m’est très précieuse comme la prunelle de mes yeux » ou encore « Je l’aime plus que mes yeux ». Donc l’expression « œil droit » voudrait sans doute indiquer un amour vif et très brûlant. Ainsi, quand Jésus parle de la main droite, cela peut vouloir signifier un(e) ami(e) très cher(e). En clair, Jésus nous invite à nous affranchir de l’affection des personnes, même les plus chères, si ces dernières deviennent pour nous des obstacles ou des empêchements pour entrer dans le royaume des cieux. 

Dans le même sens, Saint Jean Chrysostome affirme : « Si tu aimes quelqu’un au point de le considérer comme ton œil droit, ou si tu le crois aussi indispensable que la main, mais il porte en lui la damnation de ton âme, éloigne-toi de lui ». Et il indique le sens positif de cette exhortation : « Dieu ne t’a pas donné les yeux pour que tu t’en serves pour commettre l’adultère, mais pour qu’en regardant ses créatures, tu apprennes  à admirer le Créateur ».

Puisse l’Eucharistie de ce jour nous aider à poser sur nos frères et sœurs, non un regard de convoitise qui chosifie et dénature, mais un regard transfiguré par le Christ, qui ennoblit et conduit à la louange de Dieu pour sa plus grande gloire.

Augustino MENSAH

Dimanche 5 février 2023

ACCUEILLIR LA TENDRESSE DE DIEU


Lors de différentes étapes de notre vie, nous avons besoin de l’attention des autres. A la naissance, toute notre enfance et adolescence et dans des moments difficiles de notre vie dus à la maladie physique, psychologique.

Lors de ces moments difficiles, nous avons plus besoin de l’attention que notre entourage doit nous manifester. 

Dieu s'est incarné en son fils Jésus-Christ, et par son fils, il nous montre sa proximité, nous qui attendons comme le vieux Syméon la consolation.

Par l’onction des malades, Dieu nous montre, nous manifeste de façon explicite sa tendresse efficace. N’hésitons pas à en parler! ce sacrement n’est pas l’extrême onction comme nous l’explique si bien le père Louis-Marie dansle texte qui suit cet édito.

Oui, parlons de la tendresse de Dieu et venons nombreux le 19 février à 11h à Notre Dame d’Eaubonne pour accompagner ceux qui le recevront, et invitons ceux qui pourraient le recevoir à se faire connaître auprès du service évangélique des malades.

 

Père Pierre MACHENAUD

Dimanche 29 janvier 2023

CONNAISSEZ-VOUS LA DERNIERE TROUVAILLE DU SAINT-ESPRIT ?


Des millions de vues, plus de 90 000 reprises différentes, des médias qui en parlent très largement : le tube de la semaine sur le réseau social Tik Tok ne passe pas inaperçu ! Et pour cause : il s’agit d’un chant catholique, le célèbre refrain « Comment ne pas te louer, Seigneur Jésus ? » Sous toutes les latitudes, des jeunes par milliers sont unis dans la louange, et ils chantent la gloire de Dieu.

Au-delà du phénomène de mode, il y a là un message prophétique dont le Saint Esprit n’est sans doute pas peu fier. Dans un contexte morose, ce dernier nous rappelle avec force que nous sommes faits pour la louange ! Elle est notre vocation ultime. Nous ne sommes jamais autant humains que lorsque nous sommes tous rassemblés dans un élan de reconnaissance et d’amour pour Dieu, lequel nous a aimé en premier.

Essayons donc cette semaine de garder ce refrain au cœur. Certes, les souffrances ne manquent pas, mais il n’en reste pas moins que Dieu est Dieu : il nous aime, nous sommes en ces mains, il se fait proche, il a vaincu la mort, il nous appelle à la Vie Éternelle… Prenons cette décision ferme et joyeuse : « Aujourd’hui, je serai heureux ! », « Aujourd’hui je louerai Dieu parce qu’il est Dieu. » Nul doute que nous recevrons par surcroit la force de tout vivre et de sortir vers nos frères.

En résumé, en ce week-end des vœux, je vous souhaite de devenir complètement…

… Tik Tok !

Père Martin de Hédouville+

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Dimanche 22 janvier 2023

SEMAINE DE PRIERE POUR L'UNITE DES CHRETIENS
18-25 JANVIER


Des siècles de désunion (depuis le XI ° siècle avec nos frères orthodoxes, depuis le XVI° avec nos frères protestants) ne sauraient être admis comme une situation irréversible à laquelle il suffirait de s’être accoutumés. La division de nos Églises doit nous apparaître pour ce qu’elle est : un scandale ! Scandale par rapport à la prière du Christ et à la mission qui en découle : « qu’ils soient un, afin que le monde croie… ». Il ne suffit même pas, en cette affaire, d’avoir de bons rapports, et même d’excellents rapports (c’est mon cas personnel) avec les pasteurs protestants ou prêtres orthodoxes. Cela est certes important, mais ne règle pas le problème de fond, lequel est bien celui de refaire l’unité brisée. « Afin que le monde croie… » ! 

Unité ne dit pas uniformité. Notre commune confession chrétienne de Dieu comme Trinité (tri-unité) nous le rappelle en effet. Au sein d’une unité fondamentale concernant les affirmations centrales du Credo, chacune de nos Églises est invitée à respecter les différences de sensibilité des Églises-soeurs, différences largement dépendantes des cultures et de plusieurs siècles de traditions liturgiques devenues des habitudes. Il ne saurait être question, par exemple, de vouloir imposer aux Églises orthodoxes ou protestantes notre propre rituel liturgique romain, pas plus que nos pratiques d’adoration eucharistique en dehors de la messe (pratiques spécifiquement latines). C’est précisément cette logique d’ouverture qui a présidé à la Déclaration commune de la Fédération Luthérienne Mondiale et de l’Eglise Catholique Romaine sur la doctrine de la justification en 1999. Or, cette Déclaration touche à une question tout à fait centrale dans ce qui fut, sur le plan théologique, à l’origine de la « protestation » de Martin Luther au XVI° siècle… Que l’on ait pu, sur ce point doctrinalement central, dépasser les anciennes querelles et incompréhensions en adoptant l’idée d’un « consensus différencié » n’est pas une mince affaire ! Car « consensus différencié » signifie que l’on peut se reconnaître d’accord sur l’essentiel sans qu’il soit besoin d’être d’accord sur tout ce qui relève de la diversité des traditions et sensibilités dans chacune des deux Eglises : que ce soit en amont, quant aux diverses manières dont on a énoncé la difficulté sur ce point précis, ou en aval, dans les conséquences que l’on en tire au niveau (notamment) des pratiques…

Chacun de nous a mission, partout où cela est possible, d’entrer en dialogue avec des frères et sœurs chrétiens d’autres confessions. Dans ce dialogue, chacun doit se mettre à l’écoute de ce que l’Esprit-Saint peut lui murmurer, tant il est vrai que, par exemple, le sens très vif de l’écoute de la Parole de Dieu qui anime nos frères protestants ou le sens non moins vif de la contemplation de Dieu qui donne chair à la liturgie de nos frères orthodoxes ont quelque chose à nous apporter, à nous catholiques.

Louis-Marie CHAUVET

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Dimanche 15 janvier 2023

AGNEAU DE DIEU OU PETIT LAPIN DE DIEU ?


     Les expressions telles que : « Ô la vache ! », « Le vilain petit canard ! », « Il était un véritable renard », « Ma belle-mère est une vraie pie », « Sa voisine est une vipère », « Mon petit lapin », « Ma puce », « Mon poussin », etc... dont nous sommes familiers, sont la preuve que dans le langage courant nous faisons souvent référence à certains animaux auxquels nous identifions des personnes humaines en guise d’éloges,  d’insultes ou d’expression d’affection.

     Au baptême de Jésus, une voix venant des cieux disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie » (Mt 3, 17). C’est comme si le Père voulait nous dire :

« Celui-ci est mon poussin » ou « mon petit lapin ». Et dans l’Evangile de ce jour, une phrase que nous entendons répéter à chaque messe résonne : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn1, 29…). Habitués à la répéter ou à l’entendre dire, cette phrase entre sans doute dans une sorte de routine ou passe même inaperçue. Pourtant, elle nous révèle quelque chose d’essentiel : l’identité de Jésus, sa personne et sa mission.

     En effet, on peut facilement comprendre que Jésus est « doux et humble de cœur » quand on parle de lui comme un agneau. Mais pourquoi dire de lui qu’il est « l’Agneau de Dieu … » ? Les auditeurs de Jean le Baptiste et les premiers lecteurs de l’Evangile de Jean pouvaient le deviner facilement parce qu’ils savaient tous, en ce temps-là, que l’agneau était l’animal typique pour le sacrifice qu’on offrait  au temple de Jérusalem pendant la fête de Pâques pour obtenir le pardon de Dieu et renouveler l’alliance, le pacte d’amitié avec lui. Et beaucoup parmi eux savaient que le prophète Isaïe avait parlé d’un personnage mystérieux appelé « le serviteur du Seigneur », qui était comparé à un agneau conduit à l’abattoir parce que condamné à mort malgré son innocence et se chargeant librement des fautes et des  souffrances des autres. N’est-ce pas ce que Jésus fait à travers sa mort et sa résurrection que nous actualisons dans l’Eucharistie ?

     Puissions-nous en mesurer la profondeur et en recueillir tous les fruits.

Augustino MENSAH

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