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Edito

Dimanche 19 mai 2024
 

DE BABEL À LA PENTECÔTE

    La messe de la vigile de la Pentecôte, prévoit comme première lecture le récit de la tour de Babel (Gn 11, 1-9). Voilà qui est riche de sens théologique et d’actualité, même politique ! En effet, le récit de la Pentecôte dans les Actes des Apôtres (Ac 2, 1-11) vient prendre le contre-pied de celui de Babel.

    À  Babel règne l’uniformité : uniformité qui est même tellement uniforme qu’il faut bien la qualifier de « totalitaire ». Selon ce mythe, l ’humanité tout entière est rassemblée dans une plaine (laquelle correspond à la grande plaine mésopotamienne entre le Tigre et l’Euphrate dans l’actuel Irak, lieu d’origine de ce mythe). Tout le monde parle la même langue et fait le même travail. Quel travail ? Il consiste à bâtir une tour « dont le sommet touche le ciel ». Cette tour correspond très probablement à la tour appelée « ziggourat » de Babylone – Babel – et dédiée au grand dieu mésopotamien Mardouk ; tour qui, pour l’époque, devait tellement impressionner les voyageurs par sa hauteur que, en effet, ils disaient d’elle qu’elle touchait le ciel. 

    Mais l’essentiel, pour la Bible, n’est pas là. Il est dans le fait que les hommes, à savoir, je le rappelle, toute l’humanité censée habiter ce même lieu, se sont dit : « allons, faisons-nous un nom ! Bâtissons-nous une ville avec une tour dont le sommet touche le ciel ». C’est clair : c’est  à Dieu lui-même dans son « ciel » que les hommes cherchent à porter atteinte. Telle est l’humanité, veut nous dire la Bible : elle aspire à se faire Dieu à la place de Dieu. Du même coup, l’effacement de la différence de Dieu va de pair avec l’effacement de la différence entre les hommes : un seul peuple, une seule langue, une seule œuvre ! Oui, on est bien en régime totalitaire : chacun est sommé de s’ajuster au discours du « chef » ; chacun est sommé de penser et d’agir comme tout le monde.

    Eh bien, tel n’est pas le désir de Dieu ! Raison pour laquelle il abat la tour, brouille les langues et disperse les hommes sur toute la surface de la terre. Ce désir de Dieu nous est justement exprimé par le récit de la Pentecôte (Ac 2). En effet chacun comprend la même Parole de Dieu, mais dans sa propre langue. Telle est donc la mission de l’Esprit Saint : réaliser une COMMUNION qui, loin de s’exprimer dans une étouffante uniformité, est riche au contraire des DIFFÉRENCES. D’ailleurs, n’est-ce pas cela, notre confession de foi en Dieu Trinité : un seul Dieu, mais riche des différences internes qui forment son unité comme Père, Fils et Saint Esprit ?

    Et voilà du même coup qu’apparaît le moteur même de la mission de l’Eglise et de notre mission à chacun : créer, au nom de Dieu, une communion qui non seulement ne gomme pas les différences (de culture, de milieu social, de tempérament…), mais qui s’enrichit d’elles au contraire… Évidemment, cela a des conséquences immenses non seulement pour nos communautés paroissiales et pour l’Eglise, mais bien aussi pour toute l’humanité. Relisez l’encyclique du pape François  "Fratelli tutti" 

                                                         

 Louis-Marie Chauvet

Dimanche 5 mai 2024
 

JE T’AIME ! DONC JE TE CROQUE ?


 « L’amour » est, sans aucun doute, une des paroles les plus simples, les plus populaires, les plus touchantes qui remplissent et, parfois, saturent notre quotidien, et que nous déclinons ou conjuguons à tous les temps, sous mille et une formes. Tout le monde en parle : enfants, jeunes, séniors, vieillards. On en parle dans des films, des chansons, des romans, la radio, la télévision, les réseaux sociaux. Mais est-il si facile de dire ce qu’est véritablement l’amour ?

Pour définir ce qu’est l’amour, le philosophe grec Platon a cherché à savoir (dans la mythologie grecque) de qui l’amour est né, puisque Eros, la divinité de l’amour, ne fait pas partie des dieux de l’Olympe (le séjour ou la demeure des dieux). Poétiquement, il imagine que l’amour serait fils de la Misère et du Ciel. La Misère, ne possédant rien, est capable de regarder en haut vers tout ce qui est bon, tout ce qui est beau, c’est-à-dire vers le Ciel qui la féconde. Cela expliquerait pourquoi nous aimons ce que nous n’avons pas et le fait que nous ayons une infinité de désirs : de bons plats, de vrais amis, de l’argent, de la connaissance… Pour Platon, la grandeur de l’homme se mesure à la grandeur de son désir. 

En suivant cette logique de Platon, on pourrait dire que j’aime de bons plats pour les savourer, de vrais amis pour profiter d’eux, de l’argent pour en dépenser comme je veux… En clair, je t’aime, donc je te croque ! Platon va même plus loin en considérant que Dieu ne peut aimer ni le monde ni les hommes parce qu’il n’a besoin de rien, il ne désire rien.
 
Or, l’enseignement du Christ, dont nous parle l’Evangile, est complètement différent : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn3, 16). Dieu aime donc d’un amour différent du désir. Son amour n’est pas un amour qui désire ou recherche pour soi, mais un amour qui donne et se donne : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn15, 13). C’est ainsi que le Père aime le Fils ; c’est ainsi que le Fils aime ses disciples ; et c’est ainsi que nous devons nous aimer les uns les autres. Sainte Thérèse de Lisieux l’a très bien compris quand elle écrit : « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même ».

Puisse l’Eucharistie de ce jour, où le Christ continue sans cesse de se donner à nous sous les espèces du pain et du vin, nous aider à grandir dans le véritable amour de Dieu et de tous nos frères et sœurs les hommes.
 
Augustino MENSAH

Dimanche 28 avril 2024


 La joie Pascale 


Lors de différents évènements, il nous arrive d’avoir une joie profonde. Cette joie nous dépasse. Cette joie est très souvent le résultat de la manifestation de Dieu.

Lors de la semaine sainte et plus spécialement lors de la vigile Pascale, plusieurs d’entre nous ont fait l’expérience de cette joie. Cette joie de vivre ce temps si beau, si vrai, si profond. 

Le feu, l’Exultet, les lectures, la litanie des saints, la bénédiction de l’eau, les baptêmes et les confirmations, l’eucharistie et l’envoi nous ont vivifiés.

Depuis cette nuit de Pâques où nous avons renouvelé notre baptême, je ne cesse de rendre grâce pour chacun d’entre vous et plus spécialement pour les néophytes, les nouveaux baptisés de la nuit Pascale mais aussi de ce temps Pascal! Vous êtes devenus des témoins de la grâce de Dieu pour le monde ! Je vous remercie au nom de la communauté pour ce que vous êtes et pour nous partager cette joie qui est en vous !

Après cette nuit, rendons grâce pour ces demandes de baptêmes d’adultes et d’adolescents, Dieu est à l’œuvre dans notre monde, ne l’oublions pas.

Père Pierre MACHENAUD

Dimanche 21 avril 2024
 

Le temps pascal 


« C’est avec une grande puissance que les apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus et une grâce abondante reposait sur eux tous. » (Actes 4,33). La résurrection de Jésus est l’événement historique qui a changé la perspective de l’homme, de l’humanité. Du désarroi à l’espérance, l’homme est sauvé à jamais. 

L’Église, à la mémoire des apôtres, fête la période de 50 jours qui commence avec la Fête de la résurrection du Seigneur. Les dimanches de cette période sont les dimanches du temps de Pâques, Pâques étant le premier de la série. Nous célébrons l’ascension du Seigneur le sixième dimanche après Pâques, ou plus généralement, le jeudi qui précède ce dimanche.

Pâques célèbre la résurrection du Seigneur crucifié et son apparition dans son corps glorifié à ses disciples. Cependant, chaque dimanche de l’année fête cet événement fondamental de la foi chrétienne. L’espérance, malgré la tristesse de la Semaine sainte, se change en joie et en bonheur. 

Voici venu le temps de la proclamation de la victoire de Jésus : « Christ est LE Seigneur ! ». Pâques proclame la délivrance de l’humanité prisonnière du péché et de la mort. Le jour de Pâques, Jésus a restauré la vie ! L’Église célébrera la résurrection de son Seigneur jusqu’à ce qu’il revienne à la fin des temps. Chaque dimanche est une petite fête de Pâques ; semaine après semaine, l’Église proclame la joyeuse nouvelle : « Il est ressuscité ! »

La résurrection du Seigneur est au cœur des Écritures. Les prophéties de l’Ancien Testament ont annoncé les souffrances, la mort et la résurrection du Christ. Le Seigneur n’a jamais parlé de sa mort à ses disciples sans évoquer en même temps sa résurrection. Sur le chemin d’Emmaüs, il a rappelé aux deux disciples que selon les Écritures, Christ devait « souffrir pour entrer dans sa gloire » (Luc 24,26). Et par la suite, les apôtres ne manquèrent jamais de donner à cet événement la place centrale dans leur prédication. Paul affirme que « si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vaine et votre foi aussi est vaine » … « votre foi n’est qu’une illusion et vous êtes encore dans vos péchés » (1 Corinthiens 15,14.17). La résurrection du Seigneur d’entre les morts est le fondement de l’absolution et le sceau divin qui atteste le pardon des péchés.

Pâques est au centre du culte chrétien, toutes les dénominations confondues. L’œuvre rédemptrice de Dieu culmine dans l’événement de Pâques. Tout au long de l’année liturgique de l’Église, la prédication chrétienne doit sans cesse faire référence à la résurrection du Seigneur. L’annonce du Christ ressuscité est l’élément central de la proclamation destinée au monde. La crucifixion et la résurrection sont le noyau et le pilier de toute homélie. Nous devons les proclamer sous des formes et en des termes sans cesse renouvelés.

Pâques est le fondement de l’année de l’Église tout entière. Toute l’Écriture oriente nos regards vers ce miracle qui proclame le triomphe de Dieu sur ses ennemis. Elle rend témoignage au Seigneur vivant et triomphant. Soyons dans la joie ! Le Christ est vivant en chacun de nous.

 

François-Joseph HIMBERT

Dimanche 14 avril 2024
 

Les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient "comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain". Or, "comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux." La rencontre avec le Christ se réalise par la fraction du pain et en même temps, dans sa diversité, par le partage de l’expérience de chacun.

Ce que vivent les disciples nous fait réfléchir sur notre propre expérience pascale, toute fraîche ! L'expérience de rencontre du Ressuscité vécue par Marie-Madeleine, Pierre et Jean, puis les apôtres, puis Thomas, s'enrichit encore avec l'arrivée des disciples d’Emmaüs.

Nous avons pu partager la joie et la ferveur de ceux qui viennent d'être baptisés. Via leur témoignage nous avons pu nous rappeler notre propre engagement à la suite du Christ. A chaque fête pascale c'est ainsi tout notre groupement qui vit cette nouvelle naissance et qui, par ces nouvelles naissances, se construit, épanouit son expérience commune autrement.

Les néophytes et confirmands que nous accueillons chaque année ne sont pas des "pièces rapportées" dans nos familles, ni les invités d'honneur de nos communautés. Comme des cadets ils naissent au sein d'une fratrie où leur est attribué le même poids qu'aux aînés. Nous allons désormais grandir et mûrir ensemble ! Dans une expérience, certes, diverse selon les tempéraments, mais dont l'intensité réside en une même adoption filiale par le Père.

Une fratrie poursuit ainsi sa construction, se reconstitue, après chaque nouvelle naissance : à partir d’elle tout change, et rien ne change. Et chacun reste réceptif à l'idée que la famille est en capacité de s'agrandir encore, que d'autres naissances vont avoir lieu. Les aînés prennent dans ce contexte la mesure de leur aînesse. A l'image d'une jeune famille en accueil de vie, la communauté paroissiale se révèle à elle-même quand elle se considère intimement catéchuménale : dans sa dynamique, dans sa générosité. C'est la grâce de notre temps de pouvoir l'éprouver avec tant de signes, quand nous rencontrons les nombreux catéchumènes et confirmands que l'esprit suscite du milieu de nous.

Comme chaque aîné au sein d'une fratrie, puisse chaque baptisé de notre groupement voir se révéler et s'épanouir sa responsabilité, son attention vis-à-vis de plus jeunes dans la foi ! Et qu'il accueille l'expérience de ses cadets comme un nouveau et précieux regard sur le visage du Christ, un nouveau regard qui vient renouveler toute notre communauté.

Arnaud DHERMY

Dimanche 7 avril 2024
 

Le temps pascal 


« C’est avec une grande puissance que les apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus et une grâce abondante reposait sur eux tous. » (Actes 4,33). La résurrection de Jésus est l’événement historique qui a changé la perspective de l’homme, de l’humanité. Du désarroi à l’espérance, l’homme est sauvé à jamais. 

L’Église, à la mémoire des apôtres, fête la période de 50 jours qui commence avec la Fête de la résurrection du Seigneur. Les dimanches de cette période sont les dimanches du temps de Pâques, Pâques étant le premier de la série. Nous célébrons l’ascension du Seigneur le sixième dimanche après Pâques, ou plus généralement, le jeudi qui précède ce dimanche.

Pâques célèbre la résurrection du Seigneur crucifié et son apparition dans son corps glorifié à ses disciples. Cependant, chaque dimanche de l’année fête cet événement fondamental de la foi chrétienne. L’espérance, malgré la tristesse de la Semaine sainte, se change en joie et en bonheur. 

Voici venu le temps de la proclamation de la victoire de Jésus : « Christ est LE Seigneur ! ». Pâques proclame la délivrance de l’humanité prisonnière du péché et de la mort. Le jour de Pâques, Jésus a restauré la vie ! L’Église célébrera la résurrection de son Seigneur jusqu’à ce qu’il revienne à la fin des temps. Chaque dimanche est une petite fête de Pâques ; semaine après semaine, l’Église proclame la joyeuse nouvelle : « Il est ressuscité ! »

La résurrection du Seigneur est au cœur des Écritures. Les prophéties de l’Ancien Testament ont annoncé les souffrances, la mort et la résurrection du Christ. Le Seigneur n’a jamais parlé de sa mort à ses disciples sans évoquer en même temps sa résurrection. Sur le chemin d’Emmaüs, il a rappelé aux deux disciples que selon les Écritures, Christ devait « souffrir pour entrer dans sa gloire » (Luc 24,26). Et par la suite, les apôtres ne manquèrent jamais de donner à cet événement la place centrale dans leur prédication. Paul affirme que « si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vaine et votre foi aussi est vaine » … « votre foi n’est qu’une illusion et vous êtes encore dans vos péchés » (1 Corinthiens 15,14.17). La résurrection du Seigneur d’entre les morts est le fondement de l’absolution et le sceau divin qui atteste le pardon des péchés.

Pâques est au centre du culte chrétien, toutes les dénominations confondues. L’œuvre rédemptrice de Dieu culmine dans l’événement de Pâques. Tout au long de l’année liturgique de l’Église, la prédication chrétienne doit sans cesse faire référence à la résurrection du Seigneur. L’annonce du Christ ressuscité est l’élément central de la proclamation destinée au monde. La crucifixion et la résurrection sont le noyau et le pilier de toute homélie. Nous devons les proclamer sous des formes et en des termes sans cesse renouvelés.

Pâques est le fondement de l’année de l’Église tout entière. Toute l’Écriture oriente nos regards vers ce miracle qui proclame le triomphe de Dieu sur ses ennemis. Elle rend témoignage au Seigneur vivant et triomphant. Soyons dans la joie ! Le Christ est vivant en chacun de nous.

 

François-Joseph HIMBERT

Dimanche 31 mars 2024
 

Ils sont finis les jours de la Passion

Pendant 40 jours, l’Eglise entière a retenu son souffle. Nous avons par moment gardé le silence. Nous avons aussi jeûné, prié et fait l’aumône. Pendant 40 jours, nous avons été abreuvés à la source de la Parole de Dieu et nous l’avons accueillie dans notre cœur. Pendant 40 jours, nous nous sommes sentis appelés par le Seigneur et nous avons cherché à Le rencontrer dans le prochain. Pendant 40 jours, nous avons fait pénitence mais nous avons aussi refait notre chemin spirituel pour revivre notre baptême. 

Ces derniers jours, nous avons communié à la souffrance du Christ lors de sa passion. Il fut cloué à la croix puis mis au tombeau. Nous nous sommes dispersés sans doute avec beaucoup de tristesse sans savoir si nous pourrions être un jour dans la liesse et l’allégresse. 

Ils sont finis les jours de la Passion, car Il est ressuscité et nous pouvons laisser éclater notre joie. Alléluia, il est vivant. Le tombeau est vide. Une nouvelle qui fait courir femme (Marie Madeleine), vieil homme (Simon-Pierre) et jeune homme (Jean). 

Il est ressuscité. Les signes sont visibles. Le tombeau est vide, les linges sont posés à plat et le suaire roulé à part à sa place. 

Ils sont finis les jours de la passion, suivons maintenant les pas du Ressuscité : Suivons-le désormais jusqu'à son royaume, où nous posséderons enfin la joie parfaite.


Père Astrid-Carlos FAGNINOU

Dimanche 24 mars 2024
 

Un peu d’histoire : Le TRIDUUM PASCAL 


Chers frères et sœurs,
Cet édito est sans doute plus long qu’à l’accoutumée. La raison en est que je voudrais y faire un peu d’histoire : celle de la semaine sainte dans laquelle nous entrons, et notamment du «triduum pascal ».
 

    A l’origine, l’Eglise célébrait tout le mystère du Christ chaque dimanche, puisque chaque dimanche était jour de sa résurrection. Si bien que, dans les premiers siècles, on insistait pour interdire, le dimanche, toute conduite de type pénitentiel (comme le jeûne ou la prière à genoux). La solennité pascale annuelle, elle, s’est développée un peu plus tardivement, mais dès le 2° siècle, semble-t-il. On a alors éprouvé le besoin de s’arrêter sur chacune des facettes du « mystère du Christ » en autant de célébrations : repas pascal, passion et mort du Seigneur, silence du tombeau, résurrection... Cela a commencé à Jérusalem, où l’on aimait pérégriner de lieu en lieu sur les traces du Sauveur : Cénacle, Jardin des Oliviers, Golgotha... Ainsi s’établit au IV° siècle le « triduum pascal », les trois jours, selon l’expression de S. Augustin, du « Christ crucifié, enterré et ressuscité », triduum qui allait donc du jeudi soir au dimanche de Pâques.
   
   Diverses célébrations ont ponctué le Jeudi Saint selon les lieux et selon les époques. A Rome au 7° siècle, la journée en comprenait trois : celle de la réconciliation des pénitents (qui pouvaient ainsi communier à Pâques), celle de la consécration des huiles (notamment le saint-chrême qui allait être utilisé à la vigile pascale pour les nouveaux baptisés), et celle de la mémoire de la dernière Cène. Diverses formes de lavement des pieds ont également existé ce même jour. Aujourd’hui, pour des raisons pastorales, la messe pour la consécration des huiles est souvent anticipée au Mardi Saint. Le Jeudi est ainsi essentiellement centré sur la mémoire de la dernière Cène, mémoire doublement marquée : en tant que rituelle, mémoire de l’eucharistie (« faites cela en mémoire de moi ») ,en tant qu’existentielle ou éthique, mémoire de l’humble service d’autrui à travers le lavement des pieds (« ... afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous »). La messe se prolonge par le transfert solennel du Saint Sacrement au lieu de la réserve. L’adoration nocturne à laquelle sont alors invités les fidèles est imprégnée de l’atmosphère dramatique de la veille avec le Christ à Gethsémani... L’esprit d’ailleurs en est moins celui de l’adoration (comme c’est le cas, en revanche, lors de la fête du Saint Sacrement) que celui de la veille avec le Christ.
 

    Dans la piété populaire, le Vendredi Saint évoque d’abord le chemin de croix. Mais il s’agit là d’une pratique assez tardive, qui ne commence qu’au XIV° chez les Franciscains de Terre Sainte et dont les « stations » varieront d’ailleurs en nombre et en objet jusqu’au XVIII°. Du point de vue de la tradition liturgique, le Vendredi Saint, c’est d’abord la célébration du soir : celle de la passion du Seigneur. Célébration marquée par le silence de l’entrée, le récit de la passion selon S. Jean, la grande prière universelle pour les diverses catégories de chrétiens, le peuple juif en tant que peuple « de la première alliance », les hommes d’autres religions, les non croyants, etc., puis par la vénération solennelle de la croix et enfin la communion à l’eucharistie célébrée la veille. Le tout débouche sur l’épais silence du tombeau qui caractérise le Samedi saint.

   Dans beaucoup de paroisses, on a quelque difficulté à vivre comme l’Eglise le souhaiterait la spiritualité du Samedi Saint. La raison en est que l’on est très vite mobilisé, ce jour-là, par la préparation liturgique de la vigile pascale. C’est bien dommage, car la spiritualité de ce jour est fort riche. On peut l’évoquer de diverses manières : on peut penser à la Pieta (Marie tenant dans ses bras son fils mort que l’on vient de descendre de la croix), ainsi qu’à la « descente aux enfers » (à savoir la libération par le Christ de tous les êtres humains morts avant lui. De toute façon, la méditation personnelle que chacun est invité à faire samedi doit être lourde du mystérieux silence du tombeau et de l’attente…    

   La Vigile pascale est le sommet de l’année liturgique. S. Paul est très clair à cet égard : « si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi » (1 Co). Quant à la tradition liturgique, elle est non moins ferme : pour les premiers siècles, Pâques n’est pas seulement « la fête par excellence, la fête des fêtes, mais la seule fête, à côté de laquelle il ne saurait en exister d’autre » (H.I. Dalmais). Elle est articulée autour de quatre grands symboles : (1) Le feu (la lumière), moment qui culmine dans le jubilant chant de l’ « Exultet » ; (2) la Parole, avec les sept lectures de l’Ancien Testament où l’Eglise revit l’itinéraire de ses origines ; (3) l’eau pour le baptême (des adultes notamment, lesquels sont désormais confirmés en même temps) ou le renouvellement des promesses baptismales de tous les chrétiens ; (4) le pain enfin, celui de l’eucharistie à laquelle communient pour la première fois les nouveaux baptisés... C’est donc tout « le mystère de la foi » qui est concentré dans cette unique célébration !

   En attendant ce grand moment où, dans notre groupement paroissial, plus de 20 personnes (adultes et adolescents) vont être baptisées, je souhaite à tous de faire de cette semaine sainte une SAINTE SEMAINE !

Louis-Marie Chauvet

Dimanche 10 mars 2024

AU PAYS DES CLAIRVOYANTS L’AVEUGLE EST ROI !
 

La sagesse populaire, commune à plusieurs cultures à travers le monde, nous fait dire souvent qu’ « au royaume des aveugles, les borgnes sont rois ». Dans le récit de la guérison d’un aveugle-né (Jn9, 1-41), tout semble contredire le proverbe et nous  incite plutôt à clamer haut et fort : Au pays des clairvoyants, l’aveugle est roi. 

En effet, en face de Jésus qui se présente comme « la lumière du monde » (Jn9, 5), se dessinent deux mouvements opposés : un aveugle qui passe  des ténèbres à la lumière ; et les Juifs qui prétendent voir, mais qui s’enfoncent de plus en plus dans les ténèbres. D’un côté, il y a un chemin de foi ; et de l’autre, un endurcissement de cœur, signe d’une cécité spirituelle en face du mystère de Jésus. Il est évident que « lumière » et « cécité », ici, ont une valeur symbolique. Il ne s’agit pas seulement de la cécité physique et de la lumière du soleil, mais aussi et surtout de lumière et cécité spirituelles. 

L’aveugle découvre progressivement qui est Jésus. Dans un premier temps, il dit que c’est « l’homme qu’on appelle Jésus » (Jn9, 11). Ensuite, il affirme que « c’est un prophète » (Jn9, 17), puis « un  homme venant de Dieu » (cf. Jn9, 33). Enfin, à la question de Jésus : « Crois-tu au Fils de l’homme ? », il répond avec une confession de foi complète : « Je crois, Seigneur » et il se prosterne devant lui (cf. Jn9, 35-38). Les Juifs, au contraire, font un cheminement inverse : ils s’enfoncent dans une attitude de plus en plus rigide dans leur opposition à Jésus, accusant l’aveugle guéri de blasphème, tout en l’accablant d’insultes. Ce qui fait la cécité des Juifs, c’est la certitude et la prétention qu’ils ont de savoir : ils croient n’avoir besoin d’aucune lumière.

En définitive, si les clairvoyants (que nous prétendons souvent être) désirent vraiment le salut, ils ont intérêt à suivre l’exemple de l’aveugle-né qui nous conduit vers la lumière qu’est le Christ. Dans le cheminement de l’aveugle-né se lit en filigrane l’histoire de tout chrétien qui vient au monde spirituellement aveugle et, par le baptême, se laisse illuminer par le Christ. Puisse le Seigneur, dans l’Eucharistie de ce jour, ouvrir davantage nos yeux aux merveilles de son amour pour contempler sans fin sa splendeur.

Augustino MENSAH

Dimanche 3 mars 2024

ACTION DE GRACE ET INTERPELLATION
 

Le week-end dernier, plus exactement samedi 24 février dans l'après-midi et dimanche 25 février dans l'après-midi, à la cathédrale Saint-Maclou de Pontoise, notre évêque a appelé au baptême plus de 300 jeunes et de 200 adultes. C’est la première fois, depuis l'existence de notre diocèse (plus d'une cinquantaine d'années), qu’autant de personnes vont être baptisées dans les paroisses du Val d’Oise. Parmi eux, 10 adultes et 17 jeunes, ainsi que 15 enfants seront baptisés pendant le temps Pascal sur notre groupement paroissial.

C'est une grâce pour une communauté d'avoir parmi ses membre autant de personnes qui effectuent à l’adolescence ou à l’âge adulte cette démarche. De plus en plus viennent frapper à la porte de l’Eglise.

C'est une grâce mais c'est aussi une question pour notre démarche de Carême où il nous est proposé de réfléchir sur notre propre baptême. Rappelons-nous cette interpellation de Saint Jean-Paul II lorsqu'il est venu en France : « France, fille aînée de l'Eglise, qu'as-tu fait de ton baptême ? ». Et nous, qu'avons-nous fait de notre propre baptême ? Comment vivons-nous notre propre baptême ? Comment sommes-nous, dans notre communauté et dans le monde, des disciples missionnaires ?

Nous avons la responsabilité vis-à-vis d’eux, de nous laisser interpeler par toutes leurs demandes, par toutes leurs démarches, par toute leur fougue. Et de comprendre aussi comment, par cet accueil, par cet accompagnement, nous pouvons les aider à vivre pleinement leur baptême. Cela se traduit en quelque sorte par la sainteté à laquelle nous sommes tous appelés : laisser le Seigneur entrer pleinement dans notre vie. Alors oui, c'est une action de grâce mais aussi une responsabilité. Je terminerai par les phrases de Jésus ressuscité qui, à la fin de l'évangile de Saint Matthieu dit à ses disciples : « Allez, de toutes les nations faites des disciples. Baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde ».

Père Pierre

Dimanche 11 février 2024

Me voici ! C’est la réponse d’Abraham à l’appel de Dieu dans la première lecture de ce dimanche ! L’APPEL ! C’était justement le thème proposé à notre méditation, cette première semaine de carême, nous mettant ainsi dans les pas des catéchumènes qui se préparent au baptême dans la nuit de Pâques. En ce deuxième dimanche de carême, il nous est proposé de nous interroger sur notre manière d’ECOUTER. L’Ecoute de la Parole, illustrée avec force dans le récit de la Transfiguration du Seigneur en ce dimanche, mais aussi l’écoute de celui qui est à mes côtés, qui m’interpelle. Lui signifier alors : « Tu es important pour moi, je suis heureux que tu sois là ! ».

Ecouter, c’est commencer par se taire, se laisser transformer par l’autre, marcher à son pas, pour lui, avec lui et se faire proche dans une pleine attention. C’est la même chose avec le Seigneur. Il s’agit de l’écouter et de découvrir son message dans sa Parole. Il nous rejoint sur nos chemins de vie comme il rejoignit les disciples d’Emmaüs. « Commençant par Moïse et tous  les prophètes, Il leur expliqua dans les écritures ce qui le concernait. » (Lc 24,27). Ecouter Jésus, c’est nous laisser enseigner par sa Parole ! Comment résonne-t-elle en nous ? En cela, l’Evangile de ce jour est invitant ! « Du ciel, une voix se fit entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » (Mc 9,7). Une invitation qui interpelle les trois disciples, seuls témoins de la Transfiguration du Seigneur et qui, soit dit en passant, seront aussi les seuls témoins de son agonie au jardin de Gethsémani. Cette vision fulgurante de Jésus en gloire est accentuée par la double apparition de Moïse et d’Elie personnifiant ici réunis, la Loi reçue, annoncée puis accomplie en Jésus. Tiens donc, comme sur le chemin d’Emmaüs où, partant de Moïse et des prophètes, Il leur expliqua … » 

Avec Jésus, la loi s’accomplit dans l’amour du prochain. Ecouter Jésus, le Fils bien aimé, implique un engagement, une participation de tout notre être, une action qui indique que l’on a bien entendu le message. « Ma mère et mes frères ce sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique » (Lc 8,21)  Alors, pour suivre le Christ, mettons-nous en sa présence dans l’ECOUTE attentive et régulière de sa PAROLE; Pour mieux L’imiter, regardons-Le vivre au milieu de la foule qui le cherche pour être enseignée, consolée, guérie, aimée ! 

Mais écouter et suivre le Christ, c’est aussi être capable de redescendre de la montagne comme  Pierre, Jacques et Jean et retrouver le quotidien de nos vies souvent ballotée dans le gros temps de  nos peurs, de nos découragements. Dans ces moments de doutes, écoutons alors saint Paul nous dire dans sa lettre aux Romains : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il est à la droite de Dieu et Il intercède pour nous. (Rm 8, 31.34). Alors, confortés et nourris de la Parole de Dieu, nous pourrons chanter comme le psalmiste : « Je marcherai en présence du Seigneur, sur la terre des vivants » (Ps 114,9).

Bon carême à tous, à l’écoute de la Parole de Dieu …et du prochain.

Jérôme,  diacre.

Dimanche 17 février 2024

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Nous voici à nouveau, comme à chaque entrée en Carême, poussés au désert par l'Esprit !

Par définition le désert est un espace où l'on ne peut demeurer mais qu'il faut traverser ; un temps de transition. Il n'est pas possible de s'y arrêter, d'y déposer nos valises, nos routines, d'y rester recroquevillé sur nos résiliences, nos appréhensions. Nous y sommes en quelques sortes poussés au dehors de nous-mêmes par un besoin vital de passer à autre chose.

Dans le désert il n'y a personne non plus pour nous distraire de nous-même, pour penser à notre place : pas de prétexte pour s'oublier, pour faire « comme si ».

C'est là que le Seigneur nous donne rendez-vous : pour que nous scrutions le sens de notre vie en vérité, et que lui aussi scrute notre cœur. L'appel au désert, c'est une démarche de vérité, c'est une marche de foi. Ce chemin passe par une sortie de nous-même : pour aller vers nous-même, vers l'autre, vers Dieu. L'épreuve du désert nous permet de nous mettre à la suite de Jésus qui, en nous, avance vers sa Pâques.

Un feuillet "Pense Carême 2024" nous est adressé depuis dimanche dernier ; un autre feuillet "Chemin vers Pâques 2024" depuis ce mercredi des Cendres. Différentes propositions nous sont faites, de semaine en semaine, pour vivre ensemble un chemin spirituel de Carême : à la messe ; à la veillée de louange et de miséricorde du 16 mars ; avec des vidéos, des propositions d'enseignement, de témoignages, de partage, en union avec nos frères arméniens du Haut-Karabagh via l'Œuvre d'Orient, en union avec nos frères en difficulté sur notre propre territoire via l'épicerie sociale, entre paroissiens via les fraternités paroissiales de Carême, en union avec ceux qui se préparent cette année à leur baptême via un cheminement dans notre groupement intitulé "revivre notre baptême et accompagner les catéchumènes dans leur démarche".

Toutes ces propositions nous redisent qu'au-delà de nos propres enjeux personnels nous pouvons dans notre traversée du désert compter sur la communauté, sur nos frères, pour jalonner et stimuler notre marche. A l'image des premiers disciples qui “partagent entre tous”, “en fonction des besoins de chacun” (Actes 2,45), mettons aussi en commun notre Espérance, en joyeuse et attentive union avec tous ceux qui se préparent à vivre ou qui vivent un sacrement, en particulier avec nos sœurs qui ont vécu dimanche dernier le sacrement des malades, et avec tous nos frères et sœurs catéchumènes et confirmands.

Belle entrée en Carême !

Arnaud, diacre.

Dimanche 11 février 2024


Dans l’évangile de ce dimanche Jésus s’attaque aux préjugés et à l’exclusion : «Saisi de compassion, Jesus étendit la main, le toucha et lui dit: « Je le veux, sois purifié ». 

L’évangéliste Marc ne veut pas simplement rappeler un miracle de guérison, mais bien nous dire QUI est Jésus. Il brisait les barrières des lois humaines et sociales, qui défendaient d’avoir un contact avec les lépreux, il avait pitié des intouchables chassés hors de la ville et rejetés de tous. En agissant ainsi, Jésus devient lui-même un «intouchable» : «Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement entrer dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.» 

Cet évangile nous interpelle et invite à répondre à la question : Qui sont les lépreux du XXIe siècle?

- Ceux qui vivent dans les bidonvilles à travers le monde  
- Les sans travail et les sans-abri 
- Les ex-prisonniers qui ne peuvent reprendre leur place dans la société
- Les gens sous l’emprise de la drogue
- Les gens qu’on enferme dans des prisons secrètes et des prisons d’État, où la torture est à l’ordre du jour 
- Les personnes âgées qui attendent la mort dans l’isolement et l’abandon. 

Il y a tellement de lépreux et d’exclus dans notre société moderne. Mais heureusement il existe aussi la tolérance et des organismes d’entraide. 

Être en contact avec ceux et celles qui souffrent est essentiel à notre engagement chrétien. François d’Assise doit sa conversion en grande partie à une rencontre avec un lépreux. C’est le texte de l’évangile d’aujourd’hui qui l’a fait sortir de sa médiocrité et a provoqué un changement radical dans sa vie. Il écrit dans son Testament : « La vue des lépreux m’était insupportable, mais quand je me sentis intérieurement porté à embrasser l’un d’eux, tout a basculé, tout a changé ». François est converti par un baiser. Il est littéralement retourné, transformé, il voit les gens, il voit la vie d’une autre façon. 

Il en a été de même pour le Père Damien sur l’île de Molaquai et de Raoul Follereau, un journaliste qui, avec son épouse, a consacré sa vie à la cause des lépreux. C’est lui qui a introduit la journée mondiale des lépreux, une page d’évangile célébrée dans environ 130 pays. Il en est encore aujourd’hui dans des milliers d’endroits où des femmes et des hommes s’engagent bénévolement pour la libération des exclus afin qu’ils puissent vivre dans leur dignité d’enfants aimés de Dieu. 

Le contact de Jésus avec le lépreux est en fait l’équivalent de la parabole du bon Samaritain dans la vie réelle. C’est aussi le symbole de l’intervention de Dieu dans chacune de nos vies. 

Derrière l’image de la lèpre, nous retrouvons toutes nos fragilités, nos handicaps, nos toxicomanies, ce qui nous défigure et nous ronge de l’intérieur, tout ce qui nous empêche d’être un membre à part entière de la communauté humaine et d’offrir ce que nous avons d’unique. Tous nous avons besoin de la tendresse de Dieu. Et tous nous sommes invités à suivre l’exemple du Christ, à apporter un peu de réconfort et d’espérance à ceux et celles qui sont malades, rejetés et isolés. 

Être disciple du Christ, c’est être guéri par lui et marcher à sa suite en agissant comme lui en imposant les mains aux malades afin qu’ils se sentent mieux. (Marc 16,18)

 

François-Joseph HIMBERT

Dimanche 4 février 2024

« TOUT LE MONDE TE CHERCHE » Mc1, 37 


Cette phrase de Simon et de ceux qui étaient avec lui quand ils partirent à la recherche de Jésus, qui s’était rendu dans un endroit désert pour prier après les miracles opérés, montre ce désir de Dieu que plusieurs  portent  dans le cœur. 

« Tout le monde te cherche. »
Une question qui vient tout suite à l’esprit est de savoir pourquoi le cherchent-t-ils ? Est-ce parce qu’il venait de guérir la belle-mère de Simon fiévreuse et beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies ou parce qu’il a expulsé beaucoup de démons à qui il empêchait de parler? Pourquoi le cherchent-ils ? 

« Tout le monde te cherche.»    
Il nous arrive sans doute de le chercher nous aussi assez souvent quand la vie devient une corvée pour nous, quand nous avons besoin d’ombre, quand nous n’avons en partage que le néant ou quand nous ne comptons que des nuits de souffrance. Oui, il nous arrive de le chercher quand nous sommes envahis par des nuits de cauchemars durant des jours. Il nous arrive de le chercher assez souvent quand nous réalisons que notre vie n’est qu’un souffle. (1ère lecture)

« Tout le monde te cherche. »
Cherchez le Seigneur ne devrait susciter aucune inquiétude. Il est même souhaitable que nous le cherchions tous et que nous puissions le rencontrer. 
Mais pourquoi le chercher ? La réponse nous la tenons du Christ Lui-même. « Sans moi vous ne pouvez rien faire» Jn15, 5. Cherchons le Seigneur parce qu’il est tout pour nous. Il donne sens à notre existence. Sans lui nous ne pouvons rien faire. Cherchons-le parce que nous avons envie de demeurer avec lui. « Que cherchez-vous ? (…) Maître où demeures-tu ? » Jn1, 38

Si nous sommes convaincus que sans lui nous ne nous pouvons rien faire, il faut alors que nous le cherchions. Et l’ayant cherché, que nous le rencontrions. Comment le rencontrer ? C’est en annonçant l’Evangile et en essayant d’en gagner le plus grand nombre  possible, en étant aussi faible avec les faibles. C’est en se faisant tout à tous que nous trouverons celui que nous cherchons : le Christ (2ème lecture). Proclamer l’Evangile  c’est offrir le Christ, Parole de vie, à ceux qui le cherchent.  

Et nous, cherchons-nous souvent le Seigneur ? Savons-nous le chercher ? Le rencontrons-nous assez souvent ? Arrivons-nous à l’offrir à ceux qui le cherchent?

« Chercher le Seigneur pendant qu’il se laisse trouver, invoquez-le pendant qu’il est tant.» Is 55,6
 
Astrid-Carlos FAGNINOU

Dimanche 21 janvier 2024

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BIENHEUREUX CARLO ACUTIS, PATRON DES JEUNES DES LA PAROISSE !
 

Le saviez-vous ? On peut étudier au collège, être geek, aimer le foot… et aller au paradis. Le bienheureux Carlo Acutis nous le rappelle particulièrement.

Carlo est né en 1991. Il a vécu la vie ordinaire d’un enfant, puis d’un adolescent du nord de l’Italie. Mais cette vie ordinaire, il a choisi de la vivre avec Dieu. Depuis sa première communion, il avait décidé d’aller chaque jour à la messe, et de se confesser chaque semaine. Nourri par la prière, il s’était engagé pour aider au catéchisme de sa paroisse et pour aider à en refaire le site internet. Sur le chemin du collège, il parlait et prenait soin des plus démunis, partageant son goûter et quelques nouvelles. Son ton jovial et sa profondeur rayonnaient auprès de ses nombreux copains…

Carlo est mort à 15 ans d’une leucémie foudroyante. C’était en 2006 et ceux qui l’ont accompagné ont été marqués par sa confiance et sa joie : « J'offre toutes les souffrances que je dois subir au Seigneur, pour le pape et pour l'Église, et pour aller directement au paradis. »

Cette figure de sainteté, si inspirante, est un beau modèle pour les jeunes chrétiens, appelés à vivre leur foi à l’école et au collège. Avec l’équipe du KT et de l’aumônerie, et bien sûr avec les prêtres et l’EAP, nous avons décidé de lui confier les jeunes de notre paroisse. Nous avons fait une demande en Italie pour recevoir une relique, que nous sommes allés chercher en main propre lors de notre pèlerinage à Assise. Au cours de la messe des vœux, nous demanderons au Bienheureux Carlo de prendre soin des jeunes de la paroisse, du catéchisme, de l’aumônerie, et bien sûr du Patronage Acutis, nommé ainsi en son honneur. Quelle joie s’ils redécouvraient avec Carlo qu’eux aussi sont appelés à la sainteté, une sainteté possible, une sainteté simple, une sainteté… en baskets !
 

P. Martin de Hédouville +

Dimanche 14 janvier 2024

VENEZ A SAINT-PRIX ET VOUS VERREZ DIEU !


Selon la mentalité ambiante dans notre société aujourd’hui, l’expérience est le seul moyen valide et crédible de connaître. En dehors d’elle, il n’y a que rêveries et belles paroles poétiques. Aussi voudrait-on tout expérimenter : tabac, alcool, drogue, toutes sortes de vices … Et on oublie ou on méconnaît que toute expérience marque  en bien ou en mal la personne qui la fait de façon indélébile et souvent irréversible. Mais, peut-on faire aussi l’expérience de Dieu ?

En effet, Dieu n’est pas directement objet d’expérience. Personne ne l’a jamais vu de ses yeux de chair (cf. Jn1, 18). Selon la Bible, entendre sa voix provoquerait la mort (cf. Ex20, 19). Dieu est le Tout Autre.

Cependant, il se donne lui-même à connaître : « Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux pères par les prophètes, Dieu, nous a parlé par le Fils » (He 1, 1-2). Relisant leur aventure avec Jésus, les apôtres la considèrent comme une expérience de Dieu : « Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie… » (1Jn1, 1-3). Cette expérience commence dans la rencontre dont nous parle l’Evangile de ce dimanche : « Venez, et vous verrez » (Jn1, 35-42). C’est une expérience qui est, dans une certaine mesure, communicable. André appelle Pierre, Pierre appelle Philippe, Philippe appelle Nathanaël. C’est la même expérience qui est communiquée à l’évêque Saint Pry, dont la sainteté nous est donnée à contempler, tout particulièrement ce samedi, où tout notre Groupement Paroissial est invité à faire un pèlerinage en son honneur et à sa suite pour nous ressourcer et raviver en nous la même expérience qui nous est communiquée et que nous sommes appelés à communiquer à notre tour.

Puissions-nous vivre une véritable rencontre avec Dieu en allant à Saint-Prix, à la suite de Saint Pry.

Augustino MENSAH

Dimanche 7 janvier 2024

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QUE LE SEIGNEUR CONTINUE D'ACCOMPLIR CE QU'IL A COMMENCE


Il est de tradition de se souhaiter au début de chaque année civile, une bonne et sainte année. C’est avec joie que je me prête à cet exercice.

Dieu a voulu S’incarner. C’est ce que nous avons fêté il y a quelques jours. C’est dans le temps qu’Il ne cesse de Se manifester en chacun et chacune d’entre nous. Il ne cesse de Se manifester. Dans cette manifestation, Il accomplit le fait que nous sommes tous créés à Son image et à Sa ressemblance.

En laissant Dieu agir dans notre vie, nous laissons cette divinisation qui est en chacun et chacune d’entre nous, mais aussi au sein de notre communauté. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux (Mt 18,20), nous dit le Seigneur et il est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde (Mt 28,20) !

Puissions nous laisser Dieu agir et nous aider les uns les autres à venir nous rencontrer.

Bonne et sainte année à tous.

Père Pierre MACHENAUD

Dimanche 31 décembre 2023

Nous voici dans cet "entre-deux fêtes’", dans ce temps de l’Octave de Noël. Tous encore dans la joie de cette grande fête de la Nativité du Sauveur, l’Emmanuel, "Dieu avec nous" que nous venons de célébrer et, dans quelques heures, l’arrivée de cette année  nouvelle !

Et ce dimanche, l’Eglise nous donne de célébrer la Sainte famille de Jésus, Marie et Joseph. Quelle belle invitation nous avons là pour clore l’année 2023 et nous ouvrir à ce que sera la nouvelle année pour chacun de nous !

Une famille ! Voilà ce que Dieu "veut" pour accueillir son Fils, pour signifier l’incarnation : la présence aimante de Marie et son Oui à la vie; la paternité discrète, solide et fidèle de Joseph son époux pour faire face aux aléas et à la réalité du quotidien parfois inattendue et dure à porter. A l’imitation de Joseph et de Marie, Il y a là un chemin de vie à  emprunter avec force, courage  et confiance pour nous tous,  pour toutes les familles, particulièrement celles qui souffrent d’incompréhension, de la maladie, de la perte d’un être cher, de la violence, de relations intergénérationnelles compliquées…

Notre monde, en proie à la violence de la guerre et à l’exploitation des plus faibles, notre pays, nos familles ont un  besoin urgent de paix, d’amour et de fraternité. Nous l’avons entendu;  Celui que nous avons accueilli à Noël, c’est ce Conseiller merveilleux, ce Père à jamais, prince de la Paix (Is 9,6). Elle est là, sans doute, cette douloureuse annonce de Syméon à Marie : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d’un glaive ! »

En cette veille du 1er janvier où nous fêterons Marie- Mère de Dieu et  pour chaque jour de l’année nouvelle,  je vous propose de garder dans le cœur cette invitation de Marie aux serviteurs à Cana : « Tout ce qu’Il vous dira, faites-le ! » Oui, nous le savons, c’est chaque jour que le Seigneur nous rejoint dans nos vies et Il nous invite à Le suivre.

« Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Qu’Il fasse sur toi rayonner son visage. Que le Seigneur te découvre sa face, qu’Il t’accorde sa grâce et t’apporte la paix. »   
(1ère lecture du 1er janvier - du livre des nombre - Nb 6, 24-26)

Belle fin d'année à Tous.

Jérôme Blesch, diacre

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Dimanche 10 décembre 2023

« PREPAREZ LE CHEMIN DU SEIGNEUR ! »


Les trois lectures de ce deuxième dimanche de l’Avent nous invitent à bien nous préparer à la venue du Seigneur. Isaïe souligne le besoin  «Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu. Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissée! que les escarpements se changent en plaines, et les sommets, en larges vallées ! Alors se révélera la gloire du Seigneur.» Pierre d’écrire «que tous parviennent à la conversion.» Jean Baptiste proclame «un baptême de conversion» car il est important de «convertir notre coeur». Il nous faut «embellir» notre maison pour bien accueillir notre Seigneur. 

Saint Ambroise disait: «L'Église nous demande encore de comprendre ceci : de même que le Dieu est venu au monde une seule fois en s'incarnant, de même, si nous enlevons tout obstacle de notre part, il est prêt à venir à nous de nouveau, à toute heure et à tout instant, pour habiter spirituellement dans nos cœurs avec l'abondance de ses grâces.»

Jean Baptiste n’est pas allé au désert pour s’assoir en silence. Il a vécu une conversion profonde et il invite les autres à en faire autant. Il sait que le contact avec Dieu peut transformer notre vie et nous redonner la joie et l’espérance.

Le désert peut prendre des formes différentes : un lieu retiré où il devient possible d’entendre ses voix intérieures, une église et sa communauté chrétienne qui nous invitent au recueillement et au partage, un groupe de réflexion où l’on construit avec d’autres notre vision du monde, un site Internet qui ouvre des nouveaux horizons et nous met en contact avec d’autres chercheurs de sens, une oeuvre d’art ou une pièce musicale qui nous amène à aller plus loin au dedans de nous-mêmes, etcétéra.

Le désert est l’endroit qui nous permet de diminuer le volume des bruits discordants qui nous agressent de toutes parts. C’est l’environnement qui nous met en position d’écoute, de veille et d’attente.

Toutes les attentes ne sont pas bénéfiques et certaines ne servent à rien. Dans la très belle pièce de théâtre de Samuel Beckett : « Waiting for Godot »(En attendant Godot) quelques personnes sont assises par terre et parlent, pendant toute la pièce, de la venue prochaine de Godot. Ils soulignent l’importance de sa venue. Vers la fin, quelqu’un entre et leur dit que Godot est arrivé dans le village voisin. L’un des personnages s’exclame : «il faut aller le retrouver…» mais personne ne bouge. Ils restent assis et continuent à parler pendant que le rideau tombe et que la pièce prend fin. Une telle attente passive, remplie de phraséologie vide, ne sert absolument à rien, dit Beckett.

Il existe une autre sorte d’attente, qui met les gens sur pied et provoque l’engagement, la planification constructive, l’espérance ouverte sur l’avenir, et la joie communicative. C’est, par exemple, l’attente de parents qui se préparent à la naissance d’un enfant. Ils peignent la chambre, trouvent un berceau et un petit lit, décorent les murs, achètent des vêtements pour l’enfant qui va naître, se réjouissent avec leurs parents et leurs amis. Ils font tout pour que cette naissance soit célébrée dans la joie. C’est un modèle de l’attente dont parle l’évangile. C’est ainsi pour tous les grands événements de la vie comme les fiançailles, le mariage, une réussite professionnelle etcétéra.

Noël, est la plus belle fête de l’année. Et combien de contemporains s’y préparent sans vraiment savoir son origine ? Il faut bien la préparer et parler autour de nous du sens de la fête. C’est la fête de la venue de Dieu parmi nous : «Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers». Sans cet effort, nous risquons de nous laisser prendre par le clinquant des grands magasins et de rater complètement la venue du Seigneur. Comme le dit Jean Baptiste, Dieu viendra chez-nous si nous lui préparons le chemin. Dans quelques endroits de notre pays - il y en de froid, de glace et de neige, nous savons que préparer une route demande beaucoup de travail. Pendant toute la période d’été, les programmes de réparation se multiplient à travers le pays, afin de remettre les routes en bonne condition avant que la neige ne recouvre le sol. 

Sur la route de notre vie, le temps a multiplié les trous, les bosses. Il y a des courbes trop raides et des dénivellations trop accentuées. Il s’agit donc de redresser, aplanir, réparer, illuminer, repaver. Nous sommes invités aujourd’hui à regarder notre vie pour voir ce qui doit être amélioré ou refait à neuf, afin de permettre au Seigneur d’arriver jusqu’à nous. Qu’est-ce que nous pourrions changer pour être plus fraternel, plus chrétien, plus humain ? L’Avent est un temps d’attente, de conversion. Il s’agit de tourner le dos au passé et de miser sur le présent et sur l’avenir, de changer la vision que nous avons de nous-mêmes, afin de devenir meilleurs à l’image de Jesus le Christ-Sauveur. C’est une affaire du cœur.

C’est une invitation à PRÉPARER LE CHEMIN DU SEIGNEUR. 

Père François-Joseph Himbert, aumônier de Massabielle

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Dimanche 17 décembre 2023

GAUDETE  : FAUT-IL VRAIMENT SE REJOUIR ?


Nous sommes au 3ème dimanche de l’avent. C’est le dimanche de Gaudete (réjouissez-vous) ou le dimanche de la joie. Il nous reste encore une semaine avant de pouvoir exécuter en chœur avec les anges, ce très émouvant chant que nous connaissons tous : «Les anges dans nos campagnes ont entonné l’hymne des cieux…… ». Mais l’Eglise nous invite à marquer juste une pause en ce temps d’attente que nous vivons, qui n’est surtout pas un temps de tristesse ou de monotonie, afin de laisser jaillir de nos cœurs, la joie. 

Comme quoi, durant l’attente on peut ressentir de la joie, la joie parce qu’on a hâte qu’advienne ce qu’on espère, la joie du bonheur annoncé, promis, espéré et surtout l’impression d’être déjà émerveillé et comblé par Celui qu’on attend. 

Les motifs de joie dans notre vie sont multiples et multiformes. Nous en avons quelques uns avec le prophète Isaïe dans la première lecture de ce dimanche (Is 61,1-2a.10-11): une bonne nouvelle, une guérison, une délivrance, une libération, en gros, une grâce particulière reçue du Seigneur. L’attitude qui convient le mieux en de pareilles circonstances, c’est l’action de grâce, c’est de rendre témoignage à l’auteur de cette grâce, à celui qui nous aura permis d’être reluisant de joie: «Frères, soyez toujours dans la joie, (…) rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus» nous dit Saint Paul en 1Th5, 16-18 dans la deuxième lecture. 

Il parait aussi que «se réjouir» fait du bien pour la santé mentale et physique de l’homme. Mais pouvons-nous pour autant provoquer nous-mêmes notre joie quand à des moments, nous sommes assaillis par les soucis de la vie, quand la souffrance nous désoriente, quand l’angoisse nous envahit et que notre entourage se montre inhospitalier ?

Se réjouir en tout cas, c’est être reconnaissant, c’est prendre soin de soi, c’est rendre témoignage à l’auteur de sa joie un peu comme Jean qui rend témoignage à la Lumière qu’est Jésus dans l’Evangile (Jn1,6-8.18-28), c’est aussi être reluisant, etc.

Alors, n’avons-nous pas de bonnes raisons de nous réjouir et surtout le devoir de rendre nos proches heureux ?  Absolument. Et ce serait d’ailleurs chrétien. 
Bon dimanche de ‘’Gaudete’’

Père Astrid-Carlos FAGNINOU

Dimanche 24 décembre 2023

NOTRE NAISSANCE DE TOUTE ETERNITE !


La naissance d'un nouveau-né, dans ce qu'elle a de tendre, de beau, de touchant - cette naissance de Jésus - c'est l'irruption dans notre histoire humaine du projet d'amour que Dieu depuis l'origine forme pour nous.

La naissance de Jésus : c'est l'Amour de Dieu depuis toute éternité qui vient à nous, dans le plus modeste et le plus simple d'une existence humaine.

Le projet du Père avant tous les siècles prend maintenant verbe d'homme. Désormais il se manifeste à nos yeux et à nos sens, pleinement, définitivement : par une parole humaine Dieu s'adresse à chacun d'entre nous comme dans l'intime : "m'aimes-tu ? veux-tu entrer dans cette relation d'amour que j'offre à tous les hommes ?" La "tendresse du Père pour ses fils" passe par l'émotion de l'accueil du nouveau-né, et annonce à chacun sa propre nouvelle naissance vis-à-vis du Père : dans l'eau et l'Esprit.

Noël, c'est la déclaration d'amour de Dieu et en même temps cette promesse : une source d'Amour infini qui jaillit d'une manière éternellement nouvelle, du côté du Fils.

C'est tellement inespéré dans nos vies ! À son tour, chacun se trouve libre d'élargir son cœur, ses perspectives, et de répondre à la Parole de Vie : oui, à moi aussi "le Seigneur m'a dit : tu es mon Fils, aujourd'hui, je t'ai engendré !" (psaume 2,7).

Belle entrée dans l'événement de la Nativité du Seigneur !


Arnaud, diacre

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